Burkina : Blaise Compaoré toujours visé par un mandat d’arrêt international

L'ancien président burkinabè, Blaise Compaoré, frère de François Compaoré. © Francois Mori/AP/SIPA

Le nouveau procureur du tribunal militaire a indiqué que l'ex-président était toujours ciblé par un mandat d'arrêt international pour son rôle présumé dans l'assassinat de Thomas Sankara et que celui-ci n'avait "jamais été annulé".

Blaise Compaoré reste dans le viseur de la justice militaire burkinabè. Selon le nouveau procureur du tribunal militaire de Ouagadougou, le mandat d’arrêt international visant l’ex-président pour son implication présumée dans l’assassinat de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987, est encore en vigueur malgré des informations contraires relayées dans la presse ces derniers jours.

Dans un communiqué publié vendredi 13 mai, Alioune Zanré, nommé la semaine dernière par le président Roch Marc Christian Kaboré, a indiqué ce que ce mandat « n’avait jamais été annulé » et que « le seul juge d’instruction militaire en charge du dossier Thomas Sankara n’avait jamais été dessaisi dudit dossier ».

Annulation du mandat d’arrêt contre Guillaume Soro

Le 28 avril, le procureur général de la Cour de cassation avait annoncé à l’AFP l’annulation de « tous les mandats d’arrêt » émis par le tribunal militaire de Ouagadougou pour « vice de forme ». Plusieurs sources judiciaires avaient ensuite indiqué que cette mesure d’annulation ne concernait finalement que les mandats d’arrêts émis dans le cadre de l’enquête sur la tentative de coup d’État de la mi-septembre 2015, au premier rang desquels celui visant Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne soupçonné de complicité avec les putschistes de l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP).

Actuellement en exil à Abidjan, en Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré est poursuivi pour « assassinat », « attentat » ou encore « recel de cadavre » dans l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara. La justice militaire avait émis un mandat d’arrêt international à son encontre au début du mois de décembre 2015. Ce mandat, émis dans les mêmes conditions que celui qui visait Soro, pourrait toutefois aussi faire l’objet d’une annulation pour vice de procédure.