Afrique du Sud : des députés du parti de Julius Malema en viennent aux mains au sein du Parlement (vidéo)

Par Jeune Afrique avec AFP

Julius Malema, leader des Combattants pour la liberté économique (EEF), lors du discours du président sud-africain Jacob Zuma sur l'état de la Nation devant le Parlement, au Cap, le 11 février 2016. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Les députés des Combattants pour la liberté économique, parti de Julius Malema, ont échangé des coups de poing avec des membres de la sécurité du Parlement mardi. Ils ont été expulsés de force de l'hémicycle, où ils réclamaient le départ du président Jacob Zuma.

Vêtus de leurs traditionnelles combinaisons rouges de mineurs, les parlementaires des Combattants pour la liberté économique (EFF, opposition), emmenés par le leader populiste Julius Malema, ont été violemment chassés de l’Assemblée mardi 17 mai alors qu’ils perturbaient le début de séance en demandant le départ du chef de l’État Jacob Zuma.

L’incident, qui s’est déroulé sous les yeux impassibles de Zuma, est intervenu quelques minutes avant une séance de questions-réponses entre les parlementaires et le chef de l’État.

« Le président a brisé son serment, il a délibérément violé la Constitution. C’est Zuma qui devrait partir », ont-ils scandé avant de donner des coups de poing et de jeter des bouteilles d’eau aux forces de sécurité qui venaient les expulser.

À la sortie du Parlement mardi, Julius Malema a assuré « ne pas être effrayé » par les services de sécurité. « S’ils sont violents, on répondra par la violence », a-t-il mis en garde.

Fin avril, le leader de l’EFF avait menacé de « faire partir ce gouvernement à la pointe du fusil ».

C’est la deuxième fois en deux semaines que les députés de la gauche radicale sud-africaine en viennent aux mains mardi avec le service d’ordre du Parlement, illustrant la détérioration du climat politique dans un pays où le président fait face à plusieurs scandales de corruption.

Fin mars, la Cour constitutionnelle, plus haute juridiction sud-africaine, avait estimé que le chef de l’État avait violé la Constitution pour n’avoir pas remboursé une partie des 20 millions d’euros d’argent public utilisés pour rénover sa résidence privée.

Dans les prochains jours, la justice doit aussi se prononcer sur le rétablissement ou non de près de 800 chefs d’accusation de corruption contre le président, dans une affaire de contrat d’armement.