RD Congo : Denis Mukwege demande un « changement radical » du système

Par Jeune Afrique avec AFP

Denis Mukwege lors de la remise de son prix Sakharov, en 2014. © Christian Lutz/AP/SIPA

Le célèbre chirurgien congolais Denis Mukwege a appelé mardi à "un changement radical" en RDC, le jour de la célébration de la prise de pouvoir par Laurent Désiré Kabila, en référence aux massacres à répétition dans l'est du pays.

Pour le chirurgien, il faut « un changement radical de l’actuel système » parce que « les crimes et barbaries qui sévissent dans l’est de la RDC depuis 20 ans renaissent avec une nouvelle intensité dans la région de Beni, au Nord-Kivu. Des massacres que les autorités et la mission de l’ONU en RDC attribuent aux rebelles musulmans ougandais des Forces démocratiques alliés (ADF), présents depuis 1995 dans l’est du pays.

Appel à la mobilisation 

Les populations ont le sentiment d’être « abandonnées et livrées à elle-mêmes », écrit Denis Mukwege dans son message, publié mardi 17 mai. « Depuis octobre 2014, le bilan s’élève à plus de 600 morts ! Les images de ces atrocités de masse sont insupportables : des femmes enceintes éventrées, des bébés mutilés, des êtres humains ligotés et égorgés à l’arme blanche », poursuit le chirurgien, espérant que les Congolais « se mobilisent pour parvenir au changement tant attendu ».

À l’approche de l’élection présidentielle congolaise, le médecin, qui a reçu en 2014 le Prix Sakharov des droits de l’Homme, hausse le ton. Mi-mars, il avait déjà accusé les autorités de multiplier les manœuvres en vue de retarder les élections au-delà des délais prévus dans la Constitution.

Un glissement qui semble de plus en plus probable. Le 11 mai, la Cour constitutionnelle a en effet autorisé Joseph Kabila à rester en fonctions si la présidentielle n’est pas organisée avant la fin de son mandat, le 19 décembre 2016.