Boko Haram : réunion à huis-clos des dirigeants d’Afrique centrale au Cameroun

Par Jeune Afrique

Photo de famille des chefs d'États à l'ouverture du sommet. © DR

Les chefs d’États d’Afrique centrale se sont retrouvés lundi à Yaoundé (Cameroun) pour élaborer une stratégie commune afin d'éradiquer le terrorisme islamiste dans la sous-région.

L’Afrique centrale prépare une riposte commune contre Boko Haram. Réunis autour du président Camerounais Paul Biya le 16 février, les dirigeants de Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) abordent l’épineuse question de la lutte contre la secte islamiste. Sont présents dans la capitale camerounaise, les président Idriss Deby Itno (Tchad), Ali Bongo Ondimba (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo), Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale) et Catherine Samba Panza (Centrafrique). La République démocratique du Congo, Sao Tome et Principe, le Burundi et l’Angola étaient représentés par des membres de leurs gouvernements.

Apporter une solution régionale

La nébuleuse islamiste active dans le nord-est du Nigeria, étend son emprise au Cameroun, au Tchad et au Niger depuis quelques mois. "Les islamistes de Boko Haram sont les partisans d’une société obscurantiste et tyrannique qui veulent saper les fondements d’une société moderne et tolérante, garantissant l’exercice des droits de l’homme et la liberté de religion" a indiqué lors de son discours Paul Biya. Il a également invité ses homologues à "éradiquer Boko Haram", rappelant que cette lutte n’était pas "une croisade contre l’islam".

Le Cameroun et le Tchad sont à ce jour, les deux pays soumis aux assauts meurtriers de la secte nigériane en Afrique Centrale. Début février, ils se sont mis ensemble avec d’autres pays ouest-africains (Niger, Nigeria, Bénin) pour mobiliser 8 700 hommes dans le cadre d’une force multinationale.

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Le Tchad en première ligne

L’armée tchadienne apporte son soutien depuis début février au Nigeria et au Cameroun pour repousser les assauts de Boko Haram. Le président Idriss Deby qui préside la CEEAC a appelé à une plus grande mutualisation des efforts contre le groupe islamiste. Il a exhorté ses collègues de l’Afrique centrale, dont les pays ne sont pas encore touchés par les actes terroristes, à manifester leur solidarité agissante envers les voisins les plus exposés aux actions des terroristes.

Idriss Deby invite enfin la communauté internationale à apporter tout son soutien, matériel, diplomatique, financier, logistique et humanitaire aux efforts de la CEEAC.

Dans un discours lu par un représentant, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon, a souligné toutefois qu’une solution purement militaire ne suffirait pas contre le terrorisme. Il a évoqué une approche multidimensionnelle pour répondre aux défis de la stabilisation à long terme, en allusion à l’importance du développement économique et social, dans des régions frappées par une grande pauvreté.

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(Avec AFP)