Politique économique

Burkina : un nouveau plan de développement à 18 milliards d’euros

Rosine Sori-Coulibaly, la ministre burkinabè des Finances. © Jose Luis Magana/AP/SIPA

L'exécutif burkinabè a approuvé un nouveau référentiel en matière de développement. Le coût de ce Plan national de développement économique et social (PNDES), prévu entre 2016 et 2020, s'élève à 12 008 milliards de F CFA (environ 18,3 milliards d'euros), a déclaré mardi la ministre de l'Économie, Rosine Sori-Coulibaly.

C’est un nouveau référentiel qui se veut plus ambitieux que la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (Scadd). Cette dernière, lancée en 2011 et dotée d’un financement total de 7 496 milliards de F CFA, est arrivée à échéance en 2015.

L’objectif du Plan national de développement économique et social (PNDES) est de concrétiser le programme présidentiel de Roch Marc Christian Kaboré et d’œuvrer à la transformation structurelle de l’économie.

Le PNDES table sur une hypothèse de croissance moyenne de +7, 3 % sur la période 2016-2019 — qui renouerait avec ses niveaux de 2010 à 2012—, après avoir sensiblement pâti de la crise politique de 2014, à +4% de croissance cette année-là, et alors que le taux s’était déjà sensiblement contracté en 2013 à +3,6%, selon les chiffres de la Banque mondiale. Autant dire que le cap fixé par le Gouvernement burkinabè sera dur à tenir, même si le taux s’est relevé à +5% en 2015.

Rosine Coulibaly voit néanmoins dans le rebond de la croissance enregistré l’an dernier le signe de la reprise progressive de la confiance du monde des affaires et des partenaires techniques et financiers en dépit des dures épreuves traversées par le pays notamment la tentative de coup d’État de septembre 2015 et les attaques terroristes de janvier dernier.

Mobilisation des ressources et lancement en mai

Très peu de détails ont été fournis au sujet de ce nouveau Plan national. En cours de finalisation, le PNDES doit être entériné avant fin mai, selon les autorités burkinabè.

Pour son financement, estimé à 2 401 milliards de F CFA par an selon les chiffres indiqués par Rosine Coulibaly, le gouvernement entend accroître la mobilisation des ressources fiscales. Signe positif, souligné par le ministre burkinabè : au 31 mars dernier, les régies de recettes de l’État ont engrangé 272,07 milliards F CFA, en avance sur les 247,83 milliards de F CFA escomptés à la même date.

Dans le même temps, Rosine Coulibaly a annoncé le recours aux émissions d’obligations du Trésor à hauteur de 180 milliards de F CFA pour 2016 ainsi que la tenue d’une conférence des bailleurs de fonds.

Ce « New Deal », comme l’a présenté la ministre, entend mettre l’accent sur la rapidité d’exécution des projets. Il propose également de renforcer les liens entre l’agriculture traditionnelle et l’agroindustrie en vue de transformer davantage les produits locaux. « Par là, nous visons la transformation structurelle de l’économie en créant plus d’emplois. Il nous faut une vraie administration de développement au service de la production économique », a déclaré Rosine Coulibaly.

Scadd : un bilan mitigé

Le bilan de la Scadd, auquel le nouveau Plan succède, est mitigé, ainsi que l’explique à Jeune Afrique Abel Somé, le secrétaire exécutif du secrétariat technique national en charge de sa mise en oeuvre.

« L’analyse que nous faisons montre que 54 % des mesures programmées ont été mises en œuvre et les cibles atteintes à 54,2 %. L’appréciation globale est moyenne au regard de ces chiffres. La stratégie n’a pas permis de régler certaines questions qu’elle devait solutionner, comme les problèmes de gouvernance à l’origine des crises socio-politiques », reconnaît-il.

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