Helios Towers Africa récupère 900 tours télécoms en RD Congo

Tours de télécommunications, dont IHS, un des concurrents de HTA, gère 23 000 unités en Afrique. © IHS

L'accord entre l'opérateur indien Airtel, qui en était propriétaire jusqu'à présent, et le gestionnaire de tours de télécommunications Helios Towers Africa (HTA), initialement annoncé en 2014, a été finalisé, indique HTA dans un communiqué ce jeudi.

Si le gestionnaire de tours de télécommunications Helios Towers Africa (HTA) et l’opérateur indien Bharti Airtel n’avaient finalement pas réussi à s’entendre sur la totalité de la cession de 3 100 tours au Tchad, en Tanzanie, en RD Congo (RDC) et au Congo-Brazzaville — les volets tchadien et tanzanien avaient été annulés en 2015 un an après avoir été annoncé — la partie de l’accord couvrant la RDC est arrivée à son terme, ont annoncé les deux parties le jeudi 5 mai.

Tout comme cela a été le cas au Congo-Brazzaville où, selon l’agence d’aide au développement néerlandaise FMO qui a financé une partie de l’opération pour 9,30 millions de dollars, 408 tours ont été cédés par Airtel.

Selon l’annonce faite jeudi, qui est encore soumise à des approbations administratives, Bharti Airtel International BV, filiale hollandaise de l’indien Bharti Airtel Limited (357 millions de clients revendiqués à travers le monde fin mars 2016), transfère la propriété de 950 tours de télécommunication à HTA.

L’accord porte également sur des tours en cours de construction, dont le nombre n’est pas précisé. Le prix de la transaction n’a pas été communiqué.

Par ces acquisitions, le total des tours dont HTA assure la gestion est porté à environ 6 500, contre 5 500 jusqu’alors au Ghana, en Tanzanie, au Congo-Brazzaville et en RDC où la société était déjà présente.

Désendettement d’Airtel

L' »accord aidera Airtel à se désendetter », note le communiqué transmis par HTA, précisant qu’après la cession Airtel bénéficiera d’un droit d’utilisation de long terme.

En 2015, le chiffre d’affaire consolidé Bharti Airtel Limited s’est établi à 920 milliards de roupies (environ 12 milliards d’euros), selon le rapport annuel de l’exercice clos le 31 mars 2015, pour une dette nette de 10,76 milliards de dollars (environ 9,57 milliards d’euros) due en grande partie à l’achat de filiales africaines en 2010.

En 2014, HTA avait levé plus de 630 millions de dollars auprès de ses actionnaires parmi lesquels figurent le capital-investisseur panafricain Helios Investment Partners et la Société financière internationale (IFC), filiale du groupe de la Banque mondiale.

En 2013, les opérateurs de téléphonie mobile présents en Afrique disposaient d’environ 75 000 tours, dont la moitié détenue par MTN, Airtel, Orange, Vodafone et Etisalat — ces derniers préférant de plus en plus passer la main à des gestionnaires tiers qui mutualisent les coûts de construction et gestion des risques (sécurité et approvisionnement électrique).

Selon les analystes du secteur, il faudrait doubler le nombre de tours en Afrique, à moyen terme, pour répondre à la croissance de la demande.