Tchad : l’opposition rejette les résultats de la présidentielle et appelle à une journée ville morte

L'opposant Saleh Kebzabo, également candidat, compte parmi les rares personnalités capables de mobiliser en dehors de son fief. © VINCENT DUHEM POUR J.A.

Après la validation mardi de la victoire au premier tour de la présidentielle de Idriss Déby Itno, six candidats à l'élection présidentielle du 10 avril ont appelé à une journée ville morte dans l'ensemble du Tchad, prévue jeudi.

Après que la Cour constitutionnelle a validé la réélection du président Idriss Déby Itno, les six candidats qui avaient déposé un recours devant cette instance ont appelé à une journée ville morte le jeudi 5 mai, sur l’ensemble du territoire. Saleh Kebzabo, Joseph Djimrangar Dadnadji, Mahamat Ahmat Alhabo, Laoukein Kourayo Médard, Brice Guedmbaye Mbaimona et Gali Ngothé Gatta ont rejeté dans un communiqué signé le 3 mai les résultats « de ce scrutin fabriqué par le système MPS, administrativement mis en forme par la Ceni et juridiquement entériné par le Conseil constitutionnel pour la réélection du candidat sortant ».

« Cette élection est un braquage qui a commencé la veille du scrutin par le vote des militaires, explique à Jeune Afrique Saleh Kebzabo. Ce dernier est le premier à avoir affirmé que des membres des forces de défense et de sécurité avaient disparu. « Ces pratiques se poursuivent, dit-il. On traque tous ceux qui n’auraient pas voté pour le chef de l’État. » Des accusations qui ont été démenties par les autorités tchadiennes.

« On reprend le combat et on s’attend à une réaction brutale du régime », précise Saleh Kebzabo, qui regrette que l’ensemble de l’opposition ne soutienne pas cette démarche.

« Gouvernement de salut public »

« Nous formerons après l’investiture de Déby un gouvernement de salut public, car nous ne reconnaissons pas sa victoire ni toutes les institutions qui en découleront », dit le président de de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR).

Selon les résultats communiqués mardi 3 mai dans la soirée par la Cour constitutionnelle, le chef de l’État Idriss Déby Itno s’impose avec 59,92 % des suffrages. Il est suivi de Saleh Kebzabo avec 12,77%, de Laoukein Kourayo Médard, maire de Moundou, capitale économique située dans le Sud, avec 10,61%, et de  l’ancien Premier ministre Joseph Djimrangar Dadnadji avec 5,4%.

 

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