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Alassane Ouattara entame sa première visite officielle à Alger

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, à Abidjan le 29 octobre 2015. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Sur invitation du président algérien Abdelaziz Bouteflika, le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, s'est rendu à Alger ce lundi pour une visite de quatre jours. La coopération économique, la médiation régionale ou encore la lutte contre le jihadisme seront à l'ordre du jour.

Le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, a entamé ce 2 mai une visite officielle en Algérie qui se prolongera jusqu’au 5 mai, indique l’agence de presse algérienne APS.

Au cours de son séjour, il s’entretiendra avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Mohamed Larbi Ould Khelifa, ajoute un communiqué de la présidence ivoirienne.

Accompagné de son épouse, Dominique Ouattara, le président ivoirien visitera notamment Alger et Constantine.

Cap sur l’économie

Cette visite, la première du président Ouattara à Alger, devrait dynamiser les accords économiques entre les deux pays, qui datent du début des années 1990, mais dont l’impact sur les échanges commerciaux bilatéraux est resté limité. « En 2015, ces échanges étaient de 131,2 millions de dollars, soit 0,14% du volume global des échanges commerciaux de l’Algérie avec le reste du monde », selon une note du Forum des chefs d’entreprises algériens (FCE) publiée en mars 2016 [PDF].

L’Algérie importe de la Côte d’ivoire essentiellement du café vert et du bois, tandis que cette dernière lui achète des produits énergétiques.

La balance commerciale des échanges entre les deux pays est largement excédentaire en faveur de la Côte d’Ivoire, les exportations ivoiriennes représentant « 97 % des échanges globaux sur la période 2004-2013 », selon une note de la diplomatie ivoirienne.

Au moment où la Côte d’Ivoire est en plein essor économique, l’enjeu pour Alger est de renforcer sa présence dans ce pays, surtout que la baisse de cours de pétrole la pousse de plus en plus à diversifier ses partenariats économiques sur le continent.

Elle arrive cependant sur un terrain où le Maroc est fortement implanté. En 2015, les investisseurs marocains ont représenté 22 % des entreprises agréées par le centre de promotion des investissements en Côte d’ivoire (Cepici), guichet unique de l’investissement direct dans le pays, devançant ainsi les entreprises françaises (16 %).

Une force régionale

Au niveau politique, la visite de Ouattara à Alger intervient sur fond de lutte contre le terrorisme dans la région, suite à l’attentat de Grand-Bassam qui a fait 19 victimes et à celui du site gazier In Saleh dans la province de Tamanrasset en Algérie. Ces deux attentats ont été revendiqués tous les deux par Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique).

Au-delà de son poids économique et de son rôle dans la lutte contre le jihadisme, l’Algérie est un acteur-clé dans les négociations inter-maliennes ainsi que dans le processus de réconciliation nationale en Libye. Les visites des chef d’États africains à Alger sont très fréquentes. En septembre 2015, l’Algérie a reçu la visite du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, venu discuter de l’application de l’accord de paix au Mali. Et en janvier dernier, c’était le tour du président du Niger, Mahamadou Issoufou, d’aborder le même sujet avec les responsables algériens.