Tunisie : situation sociale tendue sur l’île de Kerkennah après une nuit de heurts

Par Jeune Afrique avec AFP

Afrfontements entre habitants et forces de l'ordre sur l'île tunisienne de Kerkennah, dans la nuit du 14 avril 2016. © AFP

Vendredi, l'île tunisienne de Kerkennah s'est réveillée encore sonnée d'une nuit de heurts entre des habitants et les forces de l'ordre, sur fond de vive contestation sociale autour des activités d'une société pétrolière.

Dans la soirée du 14 avril, des affrontements ont éclaté devant le port de Sidi Youssef et sur la route menant à la localité de Mellita entre des policiers et des dizaines de résidents qui s’opposaient à l’entrée de camions de l’entreprise britannique Petrofac sur l’île. D’après un responsable de l’hôpital régional de Kerkennah, cité par la radio privée Mosaïque FM, huit personnes ont été blessées dont cinq membres des forces de l’ordre.

Affrontements violents dans la nuit

Les protestataires ont jeté des pierres et installé plusieurs barrages à travers l’île, à l’aide de troncs d’arbres et de blocs de pierres. Déployée en force, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de les disperser et d’ouvrir le passage aux camions.

Vendredi matin, les traces des affrontements étaient toujours visibles : pierres sur les routes et pneus fumants. Selon des sources policières, les affrontements ont duré jusqu’à très tard dans la nuit, obligeant les camions, sous escorte des forces de l’ordre, à emprunter une piste pour sortir du port de Sidi Youssef.

Pas d’arrestations

Le ministère de l’Intérieur n’a pas fait état d’arrestations. Mais, de nombreux habitants dénoncent la réaction « disproportionnée » des forces de l’ordre. « Elles se comportent avec nous comme si nous n’étions pas Tunisiens. Les compagnies pétrolières exploitent nos richesses et ne nous donnent rien », a dit à l’AFP Salah, un protestataire.

Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur a assuré que la dispersion s’était déroulée « dans le cadre strict de la loi, avec un usage graduel de la force », dénonçant du même coup les « violences » perpétrées par les manifestants.

Tensions existantes avec Petrofac

La tension sociale était montée d’un cran début avril avec la dispersion d’un sit-in tenu depuis mi-janvier par des habitants de l’île. Ceux-ci protestaient contre la perspective d’une remise en cause d’un accord salarial entre la société Petrofac et l’État tunisien.

La Tunisie est régulièrement marquée par des mouvements sociaux. Il y a une semaine, des affrontements ont éclaté devant le siège du gouvernement à Tunis, entre les forces de l’ordre et des chômeurs, faisant plusieurs blessés. Au mois de janvier, le pays avait connu sa pire vague de contestation depuis la révolution de 2011, partie de Kasserine, dans le centre défavorisé de la Tunisie, suite au décès d’un jeune chômeur.

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