Sécheresse : le Malawi déclare l’état de catastrophe naturelle, le Mozambique en alerte rouge

Par Jeune Afrique avec AFP

Victimes des inondations dans le camps de l'Unicef de Nchalo, à Chikwawa, dans le sud du Malawi, en janvier 2015. © Shiraaz Mohamed/AP/SIPA

Le président du Malawi a déclaré l'état de catastrophe naturelle dans le pays et a demandé l'aide de la communauté internationale pour lutter contre l'une des sécheresses les plus violentes de ces dernières décennies. Le Mozambique voisin a annoncé être en alerte rouge.

« Je déclare le Malawi en état de catastrophe naturelle après les périodes prolongées de sécheresse de la saison agricole 2015/2016 », a indiqué le président Peter Mutharika dans un communiqué le 13 avril. « Plus de gens seront en insécurité alimentaire et auront besoin d’aide humanitaire en 2016/2017 », a-t-il lancé.

Au total, 23 districts sur 28 sont touchés par la sécheresse. Celle-ci s’ajoute aux mauvaises récoltes causées par les inondations qui ont ravagé le Malawi l’an passé, forçant plus de 200 000 personnes à quitter leur maison.

Aides internationales 

Au début du mois, la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé une aide de 549 millions de dollars à destination de 14 pays en Afrique Australe et de l’Est, touchées par la sécheresse, aggravée par le phénomène climatique El Niño. Parmi eux figure le Malawi où 2,8 millions de personnes sont menacées par la faim.

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM), une agence de l’ONU, affirme déjà venir en aide aux trois millions d’habitants du Malawi où 23 districts sur 28 sont touchés par la sécheresse.

Cette sécheresse est aggravée par le phénomène climatique El Niño, causant à la fois des sécheresses dans certaines zones et de graves inondations dans d’autres.

Mozambique 

Le Mozambique voisin, également touché, va mobiliser près de 10 millions de dollars pour sa population. Mercredi 13 avril, le pays a annoncé être en « alerte rouge » en raison de la sécheresse et prévoit ainsi le déblocage immédiat de 9,5 millions de dollars pour l’assistance aux personnes en situation d’insécurité alimentaire.

« Le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire est passé de 380.000 en janvier à près de 1,5 million », a expliqué à l’AFP Mauricio Xerimba, le directeur du Centre national pour les opérations d’urgence (Cenoe).

Sept provinces du centre et du sud du pays sur onze sont concernées, et dans certains districts, plus de 90% des récoltes ont été détruites.

Crise alimentaire

Le Zimbabwe – également en état de catastrophe naturelle -, le Mozambique, la Zambie et le Malawi souffrent de pénuries de nourriture, faisant planer la menace d’une grave crise alimentaire dans la région.

L’Afrique du Sud, principal exportateur de céréales pour ses voisins enregistre quant à elle sa pire sécheresse depuis plus d’un siècle et va devoir importer six millions de tonnes de maïs cette année, soit la moitié de sa récolte habituelle.

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