RD Congo : exiger la présidentielle dans les délais, c’est « faire le lit de la violence » selon Kinshasa

Par Jeune Afrique avec AFP

Raymond Tshibanda, ministre des Affaires étrangères, le 25 février 2015 à Paris. © Camille Millerand/J.A.

Au cours d'un point de presse à Kinshasa, Raymond Tshibanda, chef de la diplomatie congolaise, a dénoncé vendredi la pression des Nations unies et de l'opposition en faveur de la tenue de l'élection présidentielle dans les délais constitutionnels. Une "irresponsabilité" dans le contexte actuel de la RD Congo, selon lui.

« On peut débattre des délais constitutionnels six mois, un an, dix ans avant les élections, il n’y a pas de problème, mais continuer à en appeler à cela à six mois, à sept mois [de l’échéance] alors que vous savez qu’objectivement il devient difficile de les faire dans ce délai, je pense que cela frise l’irresponsabilité », a affirmé, le 8 avril à la presse, Raymond Tshibanda, ministre congolais des Affaires étrangères.

« J’ai eu à le relever devant les membres du Conseil » de sécurité de l’ONU, a-t-il ajouté. Mais dans sa résolution 2 277 adoptée le 30 mars, renouvelant pour un an le mandat de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco), le Conseil de sécurité a passé outre l’avis du gouvernement congolais.

Le Conseil a en effet rappelé la « nécessité » de préparer la tenue en RD Congo « d’élections pacifiques, crédibles, ouvertes à tous, transparentes, dans le respect des délais prévus, et notamment des élections présidentielle et législatives d’ici novembre 2016, conformément à la Constitution et dans le respect de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance ». Une position qui rejoint celle de l’opposition congolaise.

Choisir son camp

Pour Raymond Tshibanda, « il n’y a pas meilleure façon de faire le lit de la violence que de procéder ainsi ».

« Les gens doivent choisir le camp dans lequel ils veulent se trouver : ils veulent contribuer à faire monter inutilement la tension en RD Congo pour que demain les choses explosent ou ils veulent que les conditions soient créées pour des élections convenables ? », s’est interrogé le ministre.

« En tant que gouvernement de ce pays (…) aussi respectueux que nous voulions être des délais, le plus important c’est qu’il y ait des élections, que les scrutins remplissent les conditions requises pour des élections démocratiques et que celles-ci se tiennent dans des conditions de paix et ne perturbent pas la paix », a-t-il ajouté.

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