Congo-Brazza : Denis Sassou Nguesso démet le pasteur Ntumi de ses fonctions à la présidence

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président congolais Denis Sassou N'Guesso, dans un bureau de vote de Brazzaville pour le scrutin présidentiel du 20 mars 2016. © John bompengo/AP/SIPA

Le président congolais Denis Sassou Nguesso a démis de ses fonctions à la présidence le pasteur Ntumi, accusé par le gouvernement d'être derrière l'attaque de lundi dans les quartiers sud de Brazzaville.

« Il est mis fin aux fonctions de M. Frédéric Ntumi Bintsamou en qualité de délégué général auprès du Président de la République, chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre », indique un décret présidentiel signé du mercredi 6 avril.

Accusé d’être le commanditaire des violences à Brazzaville

Frédéric Bintsamou, alias pasteur Ntumi, ancien rebelle rallié au pouvoir, est accusé par le gouvernement d’avoir commandité une « attaque terroriste » sur les quartiers sud de Brazzaville, a-t-on appris jeudi de source officielle, peu avant la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle.

Au lendemain des violences à Brazzaville qui selon le bilan officiel ont fait 17 morts, le gouvernement avait déclaré qu’il disposait de « preuves accablantes » de l’ « implication active » du pasteur Ntumi, accusant la milice « ninja » d’être derrière l’attaque. Ce mouvement, autrefois proche de l’ex-premier ministre Bernard Kolélas, dont le fils Guy Brice-Parfait est arrivé deuxième de l’élection présidentielle, a été récupéré par le pasteur Ntumi, également originaire de Pool (sud du Congo).

Mercredi, l’opposant avait préféré jouer l’apaisement en acceptant les résultats officiel, tout en continuant d’affirmer que le scrutin avait été entaché d' »irrégularités de tous genres ».

L’UE doute de la crédibilité des résultats de la présidentielle

À travers un communiqué publié jeudi, la chef de la diplomatie européenne, Frederica Moguerini, a fait part des doutes de l’UE à l’égard de la « crédibilité des résultats » de la présidentielle congolaise. « Le processus postélectoral a été marqué par des atteintes aux droits de l’homme, arrestations et intimidations de l’opposition et des médias ». « Ces événements violents comportent des risques pour la stabilité du Congo », a insisté la Haute représentante de la politique étrangère de l’Union européenne (UE), appelant toutes les parties « à faire preuve de retenue et de s’abstenir de tout acte de violence et de manipulation ».

 

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici