Tchad : six mois de prison ferme requis contre les leaders de la société civile

Des policiers et des militaires patrouillent dans les rues de N'Djamena, le 15 juin 2015, au Tchad. © Brahim Adji / AFP

Le parquet de N'Djamena a requis jeudi six mois de prison ferme contre les quatre leaders de la société civile arrêtés parce qu'ils voulaient organiser des manifestations contre la candidature du président Idriss Déby Itno à un cinquième mandat. Le verdict devrait être prononcé le 14 avril.

À l’annonce du réquisitoire du parquet jeudi 7 avril, plusieurs centaines de personnes venues manifester devant le palais de justice de N’Djamena ont exprimé un fort mécontentement. Selon un membre de la société civile présent sur place, les forces de l’ordre ont dispersé la foule « en tirant en l’air et à balles réelles ».

Le parquet de N’Djamena a requis six mois de prison ferme contre les quatre leaders de la société civile. Le verdict devrait être prononcé le 14 avril. Trois chefs d’accusation sont retenus à leur encontre : tentative de trouble à l’ordre publique, opposition à une autorité légitime et provocation à un attroupement non-armé.

Mahamat Nour Ahmed Ibedou (porte-parole de la coalition « Ça suffit »), Younous Mahadjir (secrétaire général de l’Union des syndicats du Tchad), Céline Narmadji (porte-parole de la coalition « Trop c’est trop« ) et Nadjo Kaina Palmer (porte-parole du mouvement Iyina) avaient été arrêtés le 22 mars parce qu’ils voulaient organiser des manifestations contre la candidature du chef de l’État Idriss Déby Itno à un cinquième mandat.

Le premier tour de cette présidentielle se tiendra le dimanche 10 avril. Le représentant spécial du secrétaire général de L’ONU pour l’Afrique centrale, Abdoulaye Bathily, a lancé un appel à la retenue à tous les acteurs impliqués dans le processus électoral. « Il les exhorte à ne ménager aucun effort pour garantir la tenue du scrutin dans une atmosphère apaisée. M. Bathily invite les candidats, les partis politiques et leurs militants à s’abstenir de tout comportement susceptible de mettre en péril le caractère paisible du processus électoral », a indiqué le bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) dans un communiqué de presse.