Congo : les violences à Brazzaville ont fait 17 morts, selon le gouvernement

Par Jeune Afrique

Des policiers fouillent des habitants des quartiers sud de Brazzaville fuyant des affrontements entre les forces de sécurité congolaise et des assaillants inconnus le 4 avril 2016. © AFP

Les violences qui ont frappé le sud de Brazzaville ont fait 17 morts, a annoncé mardi le gouvernement alors que deux localités du Pool, considérées comme les quartiers généraux du Pasteur Ntumi, l'ancien chef rebelle congolais dont une milice est accusée par le pouvoir d'être à l'origine des violences de lundi, auraient été frappées par des tirs d'hélicoptères.

« Dix-sept morts, dont trois éléments de la force publique, deux civils et douze assaillants », c’est le bilan humain des violences qui ont frappé lundi les quartiers sud de Brazzaville, selon un communiqué publié mardi 5 avril par le gouvernement congolais. Plusieurs édifices publics (des commissariats, un siège de mairie d’arrondissement) ont également été brûlés.

Le gouvernement accuse la milice « ninja » d’être derrière l’attaque. Ce mouvement, autrefois proche de l’ex-premier ministre Bernard Kolélas, dont le fils Guy Brice-Parfait est arrivé deuxième de l’élection présidentielle, a été récupéré par Frédéric Bintsamou, plus connu en tant que « pasteur Ntumi ». Ce dernier occupe le poste de Haut-commissaire chargé de la réparation des séquelles de la guerre.

Kolélas, qui conteste la version des autorités de Brazzaville, a demandé « qu’une enquête soit menée en toute impartialité ». « Je suis surpris que le ministre le Communication aille vite en besogne pour désigner les coupables », a déclaré Bernard Kolélas mardi. « C’est une mascarade. J’attends qu’on m’apporte la preuve de ce qui s’est passé. »

Représailles dans le Pool ?

Mardi, alors que les quartiers sud de Brazzaville retrouvaient un semblant de calme, c’est dans le Pool que la situation a semblé s’envenimer. Selon plusieurs témoignages et sources citées par RFI, deux localités considérées comme les quartiers généraux du pasteur Ntumi (Soumouna, situé à environ 45 km au sud de la capitale, et de Mayama) auraient été frappés par des tirs d’hélicoptères de combat. Des allégations mises en doute par une source gouvernementale, toujours citée par la radio internationale.

Le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale, Abdoulaye Bathily, a appelé lundi « toutes les parties prenantes congolaises, notamment les acteurs politiques et les forces de défense et de sécurité, à faire preuve de retenue et de responsabilité. » Enfin, dans une déclaration rendue publique mardi, Charles Zacharie Bowao, coordonnateur du Frocad/IDF, principale coalition de l’opposition au Congo-Brazzaville, a invité la communauté internationale à agir pour la tenue d’un dialogue politique dans le pays.