Gabon : démission du président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama

Guy Nzouba Ndama. © DR / Francophonie.org

Le président de l'Assemblée nationale du Gabon, Guy Nzouba Ndama, a démissionné de son poste jeudi. Ce cadre du PDG officialise ainsi sa rupture avec Ali Bongo Ondimba.

Président de l’Assemblée nationale gabonaise depuis 19 ans, Guy Nzouba Ndama, 70 ans, a démissionné ce jeudi 31 mars de ses fonctions. Donné partant depuis plusieurs semaines par la rumeur à cause de profonds désaccords avec le Palais du bord de mer, ce pilier du régime d’Omar Bongo Ondimba vient ainsi d’officialiser sa rupture avec le chef de l’État. Il pourrait rejoindre les rangs des dissidents du Parti démocratique gabonais (PDG au pouvoir), qui ont annoncé leur intention de présenter un candidat face à l’actuel président, Ali Bongo Ondimba, lui-même candidat à sa propre succession lors de l’élection présidentielle prévue le 28 août prochain.

« Réhabiliter l’honneur souillé des députés »

Selon un collaborateur de l’ancien parlementaire qui s’est confié à l’AFP, Guy Nzouba Ndama a donné sa démission suite à un incident survenu à l’Assemblée nationale mardi. Ce jour-là vers 19h00, une arrivée massive de la DGR (Direction générale des recherches) aurait voulu empêcher le trésorier de partir avec des documents de travail.

Dans une vidéo de sa démission en séance plénière diffusée jeudi sur les réseaux sociaux,  M. Nzouba Ndama déclare qu’il a choisi de remettre son mandat de président de l’Assemblée nationale afin « de réhabiliter l’honneur souillé des députés et de la première chambre du Parlement gabonais ». Et d’ajouter : « Je ne puis cautionner une quelconque jurisprudence qui viserait à fouler aux pieds l’immunité parlementaire dont jouissent les députés, en principe, tout comme la tentative d’intimidation exercée sur ces derniers dans le cadre de leurs fonctions. »

Mardi, trois députés réputés proches du patron de l’Assemblée nationale, Michel Menga, Jonathan Ignoumba et Alexandre Barro Chambrier, qui ont créé récemment un courant frondeur baptisé « PDG Héritage et Modernité » au sein du parti au pouvoir, ont été destitués de leur mandat. Des procédures contestées par les intéressés. Ce courant, rassemblant une quinzaine de députés et d’anciens ministres, avait annoncé le 10 mars son intention de présenter un candidat face au président Ali Bongo Ondimba dont il dénonce « le bilan calamiteux ».

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici