Tchad : la grève générale pour la libération d’opposants largement suivie

Par Jeune Afrique avec AFP

Des policiers et des militaires patrouillent dans les rues de N'Djamena, le 15 juin 2015, au Tchad. © Brahim Adji / AFP

L'appel à la grève générale au Tchad pour obtenir la libération de quatre responsables de la société civile, dont le secrétaire général de l'Union des syndicats du Tchad (UST), a été largement suivi mardi dans l'administration à N'Djamena.

Mardi 29 mars la capitale tchadienne tournait au ralenti. Les couloirs et bureaux du ministère de la Fonction publique étaient vides et aucune audience ne s’est tenue au Palais de justice. À l’hôpital général, la plus grande structure hospitalière du pays située dans la capitale, la grève était générale et les employés n’assuraient pas de service minimum. C’est dans cet hôpital que Younous Mahadjir, secrétaire général de l’UST et leader de la société civile arrêté la semaine dernière, est chef de service.

Le mouvement de contestation s’est étendu à l’université Adoum Barka d’Abèché, dans l’est du pays, où les étudiants ont manifesté mardi pour réclamer le paiement de six mois d’arriérés de bourse. Dans un communiqué, un parti d’opposition, l’Action tchadienne pour l’Unité et le socialisme (ACTUS) dénonce la « campagne d’arrestations massives » de la part du « Général Président Sultan Déby qui décuple la terreur dans le pays ».

Pour une « libération immédiate » des leaders de la société civile

Vendredi 25 mars, une grève générale avait été déjà largement suivie dans les administrations du pays pour demander « la libération immédiate » des quatre leaders de la société civile, placés jeudi sous mandat de dépôt. Ils sont accusés « de provocation à un attroupement non autorisé, tentative d’atteinte à l’ordre public et opposition à l’exercice d’une autorité légitime », après avoir appelé à manifester contre la candidature du président Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 26 ans, à un cinquième mandat.

Le porte-parole de la coalition « Ça suffit », Mahamat Nour Ahmed Ibedou, a d’abord été arrêté le lundi 21 mars « pour avoir distribué des tracts appelant à une marche pacifique » le lendemain. Le 22 mars, le secrétaire général de l’UST et le porte-parole du mouvement Iyina (« On est fatigués »), Nadjo Kaina Palmer ont été à leur tour arrêtés. Enfin, la porte-parole de la coalition « Trop c’est trop », Céline Narmadji, a été arrêtée mercredi 23 mars. Tous les quatre doivent comparaître jeudi devant un juge.