L’UE envisage de réduire son aide à Bujumbura pour les soldats burundais de l’Amisom

Par Jeune Afrique

Le président burundais Pierre Nkurunziza au défilé militaire à l'occasion de la fête de l'Indépendance du Burundi, le 1er juillet 2015, à Bujumbura. © Berthier Mugiraneza/AP/SIPA

Alors que les violences continuent au Burundi, l'Union européenne (UE) envisage de réduire son soutien financier au contingent burundais déployé au sein de la force de maintien de la paix en Somalie (Amisom), selon des sources diplomatiques citées par Reuters.

« Le soutien au contingent burundais de l’Amisom – sous mandat de l »Union africaine (UA) – ne peut continuer ainsi », a déclaré un diplomate européen à l’agence Reuters, ce 29 mars.

Couper l’ensemble de ces financements est cependant « loin d’être une réalité à présent », nuance l’un de ses collègues, également cité par l’agence de presse. Ce dernier convient toutefois que l’argent – 1 000 dollars par soldat africain en Somalie – ne peut plus transiter ainsi par le gouvernement, sachant qu’aux termes de l’accord de financement, 20% de la somme totale reste dans les caisses de l’État. Ce qui représente environ 13 millions de dollars par an (soit 11,6 millions d’euros) pour Bujumbura, contre environ 52 millions de dollars par an pour ses 5 400 soldats en Somalie (sur les 22 000 soldats que compte l’Amisom).

Attaque à la grenade contre un bus de la police burundaise

Mi-mars, l’Union européenne avait déjà mis ses menaces à exécution, décidant de suspendre son aide directe au Burundi, dépendant à 50% de l’aide internationale, exception faite de l’aide humanitaire.

Depuis avril 2015, les violences se poursuivent au Burundi, d’un côté comme de l’autre. Ce mardi encore, sept personnes ont été blessées, dont deux grièvement, dans l’explosion de deux grenades lancées contre un bus de la police burundaise, dans le quartier de Gasenyi, à la périphérie nord-est de Bujumbura, a annoncé le porte-parole adjoint de la police, Moïse Nkurunziza, à l’AFP.