Algérie : Ramtane Lamamra appelle Paris à soutenir le processus d’autodétermination au Sahara

Par Jeune Afrique avec AFP

Ramtane Lamamra. © Louiza Ammi / J.A.

Recevant son homologue français Jean-Marc Ayrault ce mardi à Alger, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a appelé Paris à infléchir sa position sur le Sahara occidental et à soutenir le processus conduisant à l'autodétermination.

Le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, a appelé Paris à soutenir un processus conduisant à l’autodétermination du Sahara occidental reconnaissant que ce sujet ultra sensible était un point de « désaccord » entre Paris et Alger.

« Nous avons toujours bon espoir que l’administration du président François Hollande va aider la région à régler cette question dans le cadre de la légalité internationale », a déclaré M. Lamamra, le 29 mars, lors d’une conférence de presse commune avec son homologue français Jean-Marc Ayrault, en visite à Alger.

« Pendant 40 ans, ce sujet a constitué un point de désaccord entre la politique extérieure de l’Algérie et celle de la France », a ajouté M. Lamamra, en appelant « la communauté internationale à s’acquitter de ses responsabilités historiques pour l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental ». « La France trouverait un rôle à sa mesure dans le soutien de ce processus », a-t-il ajouté.

La France, pro-marocaine

Le Polisario accuse régulièrement Paris de faire obstruction au plan de règlement de l’ONU par son droit de véto au Conseil de sécurité.

« C’est une question délicate, difficile, qui ne doit pas être une pierre d’achoppement dans l’amitié entre la France et l’Algérie », a déclaré Jean-Marc Ayrault, dont le pays soutient le plan d’autonomie de Rabat.

« Nous souhaitons que le mandat de la Minurso (la mission de l’ONU au Sahara occidental) soit renouvelé », a-t-il ajouté en prônant « l’apaisement » dans les relations entre le Maroc et l’ONU.

Le Maroc furieux contre Ban Ki-moon

Le Maroc est en conflit ouvert avec le secrétaire général, Ban Ki-moon, accusé d’avoir tenu des propos « inacceptables » envers le Maroc lors de sa récente visite dans la région, où il a qualifié la situation « d’occupation ». 

En réaction à ces propos, Rabat a expulsé une partie du personnel civil de la Mission de l’ONU pour le Sahara occidental (Minurso) et a fermé le bureau de liaison de Dakhla qui servait de plate-forme pour les pourparlers entre la mission et l’armée marocaine.

Estimant que ces mesures de rétorsion empêcheront la Minurso d’exercer ses fonctions, le cabinet de Ban Ki-moon a appelé le Maroc à se conformer à ses obligations internationales.