IFC explore les « nouveaux horizons dans la finance africaine »

Par - Envoyé spécial à Abidjan

Selon IFC, l'Afrique pourrait absorber annuellement plus de 90 milliards de dollars d'investissements dans les infrastructures. © Olivier pour Jeune Afrique

A l’occasion de la quatrième édition du Africa CEO Forum qui se tenait à Abidjan les 21 et 22 mars, la Société financière internationale (IFC) a publié un rapport plaidant pour un recours plus fréquents à des mécanismes de financement novateurs.

« Nouveaux horizons dans la finance africaine : réduire le risque et mobiliser les financements à une échelle nouvelle ». C’est l’intitulé d’un rapport de la Société financière internationale (IFC – Groupe Banque mondiale), rendu public ce mardi 21 mars à l’occasion de la quatrième édition du Africa CEO Forum qui se tient à Abidjan.

Le document souligne que « même dans des environnements difficiles et à risque, il est possible d’adopter plus largement des méthodes de financement qui atténuent davantage le risque afin de financer des investissements porteurs à plus grande échelle en Afrique ».

Solutions pour les investisseurs

« Il convient de renforcer les approches de financement ayant fait la preuve de leur efficacité de manière à réduire le risque, à mobiliser des fonds et à bâtir des marchés financiers afin de saisir les énormes opportunités qu’offrent la transition en cours en Afrique », a expliqué Jingdong Hua, vice-président de IFC.

« L’Afrique pourrait absorber annuellement plus de 90 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures mais elle n’en reçoit que la moitié à l’heure actuelle », déplore l’institution financière dans son rapport. Or les sources de financement abondent, insiste IFC : les partenariats publics-privés, le cofinancement, le financement mixte, le recours aux marchés financiers ainsi que le capital-investissement restent des mécanismes insuffisamment exploités sur le continent.

« Il est donc essentiel de mobiliser l’investissement à partir de ces sources très diverses et prometteuses pour les années à venir », plaide IFC qui s’implique dans leur mise en œuvre effective dans plusieurs pays africains.

Exemples de réussite

En plus de l’analyse du développement de ces modes de financement dans le continent, le rapport présente plusieurs exemples de projets récemment financés avec succès.

On peut citer le cas de Bridge International Academies. Cette entreprise du secteur de l’éducation au Kenya « s’est associée à des banques de développement et de nouveaux investisseurs pour développer son réseau d’écoles privées à bas coût dans trois autres pays, pour un montant de 60 millions de dollars. Ce partenariat lui a permis d’accéder à une assistance juridique et à un investissement de démarrage », explique le rapport de l’IFC.

IFC revendique également une contribution dans la réussite de Helios Investment Partners, un capital-investisseur spécialisé sur les marchés africains, qui a pu lever un milliard de dollars.

Présent durant la conférence de presse de présentation du rapport, le Malien Mossadeck Bally, PDG de la chaîne Azalaï Hôtels, a salué l’aide reçue de la filiale du groupe de la Banque mondiale.

« IFC m’a mis les pieds à l’étrier. J’ai utilisé leurs lignes de financement pour obtenir un premier prêt d’un million d’euros qui a été à l’origine du développement de notre groupe », explique le PDG dont la chaîne compte désormais neuf établissements. Et de conclure : « Outre l’accompagnement en capital, travailler avec un tel partenaire permet de se structurer ».

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