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Burundi : assassinat du lieutenant-colonel Darius Ikurature, accusé d’être impliqué dans la répression

Par Jeune Afrique avec AFP

Des hommes transportent un corps, dans le quartier contestataire de Nyakabiga, dans l'est de Bujumbura, le 12 décembre 2015. © STR/AP/SIPA

Le lieutenant-colonel Darius Ikurature, accusé d'être impliqué dans la répression des opposants au régime de Pierre Nkurunziza, a été tué ce mardi à Bujumbura, selon des sources militaires.

Le lieutenant-colonel Darius Ikurature, commandant du bataillon de génie de Muzinda, situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Bujumbura, a été assassiné par balles ce mardi alors qu’il se trouvait dans l’enceinte de l’état-major général de l’armée, au cœur de la capitale burundaise, a appris l’AFP de sources militaires concordantes, le 22 mars.

Son nom, régulièrement cité dans des cas de disparitions forcées ou de torture, effrayait tout le monde dans les quartiers contestataires de Bujumbura.

Assassiné par un militaire

Selon ces sources, l’officier a été tué vers 13H00 (11H00 GMT) par un militaire qui a ensuite pris la fuite. À l’heure de la pause déjeuner, l’état-major est pratiquement désert, à l’exception des soldats de faction, ont précisé ses sources.

Interrogé sur cet assassinat par l’AFP, un haut responsable de l’armée a répondu sous couvert de l’anonymat : « C’est malheureusement vrai ». On ignore, à ce stade, si le meurtrier a agi pour des motifs politiques ou autres, l’assassinat n’ayant pas encore revendiqué.

Le porte-parole de l’armée burundaise, le colonel Gaspard Baratuza, ne pouvait être joint en début d’après-midi pour commenter cet homicide. Le porte-parole de la présidence, Willy Nyamitwe a condamné sur Twitter ce qu’il a qualifié de terrorisme, en comparant l’assassinat du lieutenant-colonel aux attentats qui ont frappé Bruxelles mardi 22 mars.

Un personnage cruel

« C’était un personnage cruel au centre de la répression en cours. Je regrette qu’il parte sans répondre de ses actes devant la justice », a réagi à l’AFP Pacifique Nininahazwe, l’une des figures de la société civile burundaise opposée au troisième mandat présidentiel, actuellement en exil.

Ce n’est pas la première fois qu’un militaire réputé proche du pouvoir actuel est visé par une attaque. En septembre 2015, le chef d’état-major lui-même avait réchappé d’une tentative d’assassinat par des hommes en tenue militaire lourdement armés.

Un autre homme-clé de l’appareil sécuritaire, le général Adolphe Nshimirimana, considéré alors comme le bras droit du président Nkurunziza, avait péri début août dans une embuscade en plein centre de Bujumbura.