Gervinho : « Le retour de Yaya Touré est une très bonne chose pour la Côte d’Ivoire »

Gervinho, vainqueur de la CAN avec la Côte d'Ivoire, remet son titre en jeu. © Sunday Alamba / AP / SIPA

Transféré de l’AS Roma au Hebei China Fortune FC cet hiver, l’international ivoirien Gervinho (28 ans) ne cache pas qu’il a quitté l’Europe en partie pour des raisons financières. Avant d’affronter le Soudan (25 mars et 29 mars) en qualifications pour la CAN 2017, le joueur s’est confié à Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Comme nous l’avions annoncé, Yaya Touré va effectuer son retour en sélection face au Soudan. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

Gervinho : C’est une très bonne chose. Comment ne pas se réjouir du retour d’un tel joueur ? Cela faisait presqu’un an que Yaya n’avait plus joué pour la sélection nationale. On a entendu et lu beaucoup de choses sur son absence. Il avait ses raisons, mais il n’avait jamais dit qu’il ne reviendrait pas en sélection. Nous avons été champions d’Afrique avec Yaya comme capitaine, et nous avons besoin de lui. À commencer par les deux matches contre les Soudanais, qui ne s’annoncent pas simples. Yaya fait une bonne saison avec Manchester City, et la Côte d’Ivoire sera évidemment plus forte avec lui. Mais on est aussi très heureux de retrouver Max-Alain Gradel, qui revient de blessure.

Hormis Boka et Diomandé, blessés, Michel Dussuyer a-t-il retenu la meilleure équipe possible ?

Je trouve que cette sélection a de l’allure. Le nouveau coach a décidé de faire venir de nouveaux joueurs, mais il reste une ossature, qui est là depuis des années. Michel Dussuyer a bien débuté, en obtenant de bons résultats. Moi, j’apprends beaucoup avec lui, comme j’avais beaucoup appris avec Hervé Renard ou Sabri Lamouchi dernièrement.

Vous avez signé en Chine, un choix qui a surpris…

J’aurais pu rester à l’AS Roma, au moins jusqu’à la fin de la saison. Honnêtement, je n’avais pas prévu de partir cet hiver. Mais le départ de Rudi Garcia [Gervinho avait déjà travaillé sous les ordres du technicien français au Mans et à Lille, NDLR] a précipité les choses. J’ai trouvé son limogeage injuste, et je n’avais plus envie de rester. Je n’étais plus dans les meilleures dispositions. J’ai réfléchi plusieurs jours quand le club chinois m’a contacté. Et j’ai accepté.

Je n’avais pas prévu d’aller en Chine… Alors, pourquoi je ne reviendrais pas un jour en Europe ?

Vous avez encore peu joué avec votre équipe, mais le niveau du championnat chinois doit-être très éloigné de ce que vous avez connu…

C’est un nouveau challenge. Sportif, mais également culturel. J’arrive dans un nouveau pays, et bien sûr, je découvre. Je commence à m’adapter. Les clubs chinois ont dépensé beaucoup d’argent pour faire venir de très bons joueurs d’Europe. Cela va tirer le championnat vers le haut. Évidemment, le niveau n’est pas le même qu’en Europe. Mais je constate tous les jours dans mon club que les joueurs chinois sont très demandeurs de conseils. Ils sont souvent avec les étrangers. Ils ont envie d’apprendre.

Les raisons économiques ont-elles pesé dans votre choix ? Heibei a payé 18 M€ de transfert, et vous allez toucher un salaire annuel d’environ 10 M€…

Je crois que n’importe qui se serait posé la même question que moi. Cela représente beaucoup d’argent, c’est vrai. Mais même s’ils ont de gros moyens, les clubs chinois ne gaspillent pas leur argent. Si mes dirigeants ont décidé de me donner un tel salaire, c’est que je le mérite. Ils ont dépensé une grosse somme pour me faire venir. Cela signifie donc que mes performances étaient bonnes et justifiaient ce transfert.

Pensez-vous que d’autres joueurs bien cotés en Europe viendront en Chine ?

C’est probable. Rien qu’à Hebei sont arrivés des joueurs qui ont connu de grands championnats, comme Mbia, qui a évolué en France, en Espagne et en Angleterre, Lavezzi qui vient du Paris-SG, ou Kakuta, qui lui aussi a joué dans de grands championnats européens. Si le niveau progresse, cela fera venir du monde. D’autant plus que les clubs sont en général très bien structurés.

Vous aurez bientôt 29 ans. Reviendrez-vous un jour en Europe ?

Je n’avais pas prévu d’aller en Chine… Alors, pourquoi je ne reviendrais pas un jour en Europe ? J’en suis parti parce que je n’étais plus motivé pour continuer à y jouer. Je viens de commencer une nouvelle aventure, dans un nouveau pays. La ville de Qinhuangdao, à l’échelle chinoise, n’est pas très grande, puisqu’elle compte à peine 3 millions d’habitants. Laissez-moi m’adapter. L’Europe, c’est loin aujourd’hui…