Politique

Cap-Vert : le MpD reprend le pouvoir, après 15 années passées dans l’opposition

Ulisses Correia e Silva après avoir voté, le 20 mars 2016. © Page Facebook

Selon les résultats portant sur plus de 90% des suffrages exprimés, le Mouvement pour la démocratie (MpD, libéral) de l'ancien maire de Praia Ulisses Correia e Silva remporte la majorité absolue aux élections législatives avec près de 52% des voix. Il sera donc le prochain Premier ministre de l'archipel, dont le régime semi-parlementaire accorde une place prépondérante au chef du gouvernement.

Sur 72 sièges au Parlement, le parti libéral en obtient au moins 37, soit la majorité absolue. Le PAICV, qui tenait depuis 2001 l’Assemblée nationale et dont la jeune dirigeante (37 ans), Janira Hopffer Almada, a reconnu sa défaite dans la soirée, est le grand perdant des élections. L’ancien parti unique remporte 26 sièges, contre 37 lors de la précédente législature.

Loin derrière, le troisième parti politique de l’archipel, l’Union capverdienne indépendante et démocratique (Ucid, démocratie-chrétienne) n’obtient que trois sièges. Six sièges restent encore à être attribués.

« Réduire la pauvreté »

Le MpD l’a emporté dans l’ensemble des circonscriptions de l’archipel. Des résultats qui démontrent « une volonté claire de changement », a souligné Ulisses Correia e Silva dans sa première déclaration à la presse.

Le futur Premier ministre s’est engagé à « beaucoup travailler car nous avons besoin d’un pays avec une plus forte croissance économique, de résoudre le problème du chômage et réduire la pauvreté », saluant les sinistrés de l’éruption volcanique de l’île de Fogo en novembre 2014, dont certains vivent encore dans des conditions précaires.

Ce bastion traditionnel du PAICV a cette fois voté en faveur du MpD, parti du président Jorge Carlos Fonseca. Beaucoup de déplacés de l’éruption ont manifesté leur mécontentement à l’égard du gouvernement en raison de leurs conditions de vie toujours précaires, un an et demi après la catastrophe.

Le PAICV mise sur les prochaines élections

« Je félicite le MpD pour la victoire et je promets à partir de maintenant de mieux préparer les prochaines batailles électorales », a réagi Janira Hopffer Almada en référence aux prochaines échéances de cette année 2016 : un scrutin municipal en août et une présidentielle en octobre ou novembre.

Lors des débats avec ses adversaires, la jeune dirigeante du parti au pouvoir, qui briguait une quatrième victoire consécutive, a été accusée de faire preuve d’arrogance. Le PAICV a joué la carte de la modernité, appelant les électeurs à « faire l’Histoire » en désignant pour la première fois une femme Premier ministre.

Mais le fort chômage des jeunes et l’usure du pouvoir après 15 ans de gouvernement, malgré une cohabitation avec le président Fonseca depuis 2011, ont vraisemblablement pesé sur la performance du PAICV et sur la candidature de Janira Hopffer Almada.

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