Zika au Cap-Vert : un cas de microcéphalie inquiète l’archipel

Les autorités brésiliennes mesurent le crâne d'un enfant de trois mois dans le cadre d'études pour déterminer le lien entre Zika et la microcéphalie. © Andre Penner/AP/SIPA

Un cas de microcéphalie a été enregistré le 14 mars dans la capitale Praia. Une première depuis le déclenchement au Cap-Vert de l'épidémie de Zika, à l'origine de nombreux cas de microcéphalie, une taille anormalement petite du crâne et du cerveau des nouveau-nés.

« La mère de l’enfant a rétrospectivement indiqué avoir manifesté des symptômes compatibles avec une infection par le virus Zika », précise le communiqué du ministère de la Santé, qui ajoute que le nourrisson est entouré d’une équipe médicale.

Cette microcéphalie a été signalée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui devra confirmer ou infirmer l’infection par le virus de la mère et de l’enfant après analyse des échantillons prélevés. Si le lien était avéré, il s’agirait d’une première pour l’archipel et le continent africain depuis la dernière flambée du virus, très virulent en Amérique latine.

Plus de 7 000 cas suspects sur l’archipel

L’OMS suit de près l’évolution de Zika sur l’archipel, particulièrement frappé par le virus. Depuis le déclenchement de l’épidémie le 22 octobre 2015 jusqu’au dernier recensement du 6 mars, 7 457 cas suspects de Zika ont été enregistrés dans le pays.

Selon le ministère de la Santé, le nombre de cas suspects a toutefois diminué par rapport au pic de novembre 2015. Quatre îles de l’archipel connaissent des cas de transmission locales : Fogo, Boavista, Maio et Santiago.

Zika et microcéphalies

Le virus Zika est à l’origine de nombreux cas de microcéphalies. Selon une étude réalisée par l’Institut Pasteur et publiée dans la revue spécialisée The Lancet, une mère infectée au premier trimestre de sa grossesse a un risque de l’ordre de 1% d’accoucher d’un bébé atteint de cette grave malformation crânienne.

Face au risque et à l’absence de vaccin contre Zika, l’OMS préconise donc aux femmes enceintes de se protéger des moustiques et contre une éventuelle transmission sexuelle du virus.

Le Brésil, pays le plus frappé par l’épidémie, comptabilise plus d’un million et demi de cas et 745 nourrissons atteints de microcéphalie selon un bilan arrêté mi mars. 157 bébés y sont morts à cause de cette malformation depuis le début de l’épidémie, que l’OMS a qualifié « d’urgence de santé publique de portée internationale ».

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