Guinée équatoriale : Sipopo superstar

Pour accueillir les participants au 17e sommet de l'Union africaine, fin juin, une petite ville est sortie de terre. Réunions, assemblées et détente, tout a été prévu.

Les 30 juin et 1er juillet, tous les projecteurs seront braqués sur Sipopo, un quartier construit de toutes pièces à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Malabo. Et pour cause. C’est ici que se tiendra le 17e sommet de l’Union africaine (UA) et que seront logés les chefs d’État et de gouvernement ainsi que les hautes personnalités qui participeront à l’événement.

Engagée il y a moins de deux ans, la construction de ce site paradisiaque, situé entre mer et forêt, a mobilisé plusieurs grandes sociétés de BTP. Chaque espace aménagé a une vocation propre. C’est dans le centre de conférences, un vaste bâtiment doté d’équipements modernes construit par la China State Construction Engineering Corporation et la société turque Onnur Summa, que les travaux se dérouleront. Et pour loger les chefs d’État et de gouvernement, 52 villas présidentielles ont été construites par Seguibat, filiale locale du holding libanais Hejeij Group.

Le tout premier golf

Quant aux délégations et aux invités de marque, ils séjourneront à l’hôtel Sofitel Malabo Sipopo Le Golf, érigé par le français Bouygues. Aujourd’hui fleuron du parc hôtelier équato-guinéen, cet hôtel cinq étoiles, géré par le groupe Accor, est doté de 200 chambres « avec vue » – donnant sur la mer ou sur le golf, c’est selon -, dont 10 suites. Il propose en outre plusieurs restaurants et bars, dont un club-house, divers salons et un centre d’affaires. Wifi haut débit assuré partout, y compris dans les chambres bien sûr.

Entre deux réunions et avant ou après le travail, tout a été prévu pour la détente. Outre le spa, le centre de fitness et la piscine du Sofitel – avec vue sur la mer -, les amateurs de sport et de farniente auront l’embarras du choix : jogging sur le paseo maritime long de quelque 4 km (une réalisation de l’égyptien Arab Contractors) ; baignade en mer et sieste sur la plage de sable fin de l’hôtel (aménagée par le marocain Somagec) ; promenades sur Horacio, l’îlot verdoyant situé à deux pas de l’établissement et accessible par une petite passerelle (Somagec également). Au passage, les visiteurs pourront admirer les œuvres en pierre de basalte du sculpteur béninois Charly C’Djkou. Cerise sur le gâteau, le Sofitel, comme son nom complet l’indique, dispose d’un golf de 18 trous, le tout premier de la Guinée équatoriale.

En plus de l’hôtel, trois restaurants, dont un en forme de dôme, ont été implantés sur le site. La diversité gastronomique est donc assurée, tout comme l’alimentation… en énergie. Une centrale électrique d’appui, dotée de onze générateurs et d’une capacité de 16 mégawatts, garantira la continuité du courant au cas où l’électricité de la ville ferait défaut. Sur le plan médical, pas de crainte à avoir non plus. À l’entrée de Sipopo, une clinique, le Centro médico La Paz, construite par l’israélien International Medical Services, est là pour accueillir les éventuels malades ou accidentés.

Bien évidemment, vu de l’extérieur, Sipopo peut faire penser à une enclave dorée, destinée à des hommes d’affaires cossus et à des visiteurs de marque. Et donc inaccessible au commun des mortels. Néanmoins, il n’a rien d’un site fermé sur lui-même. En moins de quinze minutes, on peut joindre la capitale par une autoroute flambant neuve, construite par Arab Contractors. En outre, en dehors des grandes rencontres comme le sommet de l’UA, où les visiteurs seront triés sur le volet – sécurité d’État oblige -, il sera ouvert à tous. 

Mise à niveau du personnel

Reste que les équipements et le site de Sipopo – ainsi que son hôtel – en font d’abord un lieu idéal pour le tourisme d’affaires, de congrès et même de loisirs. À court terme d’ailleurs, une fois le sommet de l’UA clos, celle qu’on a surnommée la « ville de l’Union africaine » ne restera pas vide. Outre la Coupe d’Afrique des nations de football, coorganisée par la Guinée équatoriale et le Gabon et qui se tiendra en janvier 2012, Sipopo abritera un congrès de journalistes et une rencontre mondiale de ministres du Tourisme.

Si le nouveau centre international n’a rien laissé au hasard côté équipements et infrastructures, il lui reste à prouver ses capacités d’organisation. Pour ce faire, quelque 400 jeunes ont été formés à Mongomo en matière d’accueil et d’information des participants. Une première dans le pays. Sans compter les formations organisées par le Sofitel pour mettre à niveau son personnel. La tenue du sommet de l’UA aura valeur de test. Si l’opération est réussie, Sipopo aura gagné ses titres de noblesse. 

Déjà 200 000 inscrits


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