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Sénégal : Teranga Capital officialise son lancement avec 5 millions d’euros

Par - à Dakar

Ici la Nouvelle Société textile sénégalaise de Thiès relancée en 2015 par la Banque nationale de développement économique. © OUMAR SEYE

Doté initialement de 3,2 milliards de F CFA (4,9 millions d'euros), ce véhicule d’investissement va cibler exclusivement les petites entreprises locales. Un segment peu couvert par les capital-investisseurs.

En cours de bouclage mi-2015, le fonds Teranga Capital a été officiellement lancé mardi 15 mars à Dakar. Son directeur général est Olivier Furdelle, un consultant et ancien vice-président d’une business unit chez l’opérateur de téléphonie mobile belge Proximus. Il est associé avec Omar Cissé qui a fondé l’incubateur Ctic en 2011 avant de le quitter en 2013. Le président du Conseil d’administration est l’ancien Premier ministre du président de la République Abdou Diouf, Mamadou Lamine Loum.

Le fonds mettra l’accent sur les petites PME sénégalaises dans lesquelles il entend investir entre 50 et 200 millions de F CFA [entre 76 225 et 305 000 euros] par entreprise. Parmi les secteurs qui sont visés en priorité figurent l’agriculture, l’aviculture et l’horticulture. Les PME éligibles seront aussi bénéficiaires d’un accompagnement technique.

Rentabilité et impacts promus par les fondateurs

« Nous allons d’abord, financer les PME locales sur le long terme et à fort potentiel de développement. Notre singularité est de ne pas accorder des prêts mais de prendre des risques avec les promoteurs en nous associant au capital de leurs entreprises. Ensuite, la partie impact, à côté d’une recherche de rentabilité : notre vocation est de soutenir des entreprises qui dans leurs activités ou secteurs peuvent générer des impacts positifs sur l’emploi, l’environnement, la création de valeur ajoutée locale et la substitution d’importation par de l’exportation », a indiqué Olivier Furdelle, en marge du lancement du fonds.

Au terme d’un premier tour de table, Teranga Capital est abondé pour 3,2 milliards de F CFA par Investisseurs & Partenaires (I&P), lui-même pionnier de l’investissement dans les petites entreprises africaines que dirige Jean-Michel Sévérino, l’ex-directeur général de l’Agence française de développement. Le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis), véhicule d’investissements publics au Sénégal, l’opérateur de téléphonie Sonatel, Askia Assurances et Total Sénégal comptent également parmi les souscripteurs.

Sa création s’inscrit dans le cadre du développement d’une dizaine de fonds d’impacts par I&P en Afrique de l’Ouest. Avant Teranga Capital, Sinergi Burkina s’est ainsi lancé il y a quelques semaines sur le même créneau (mais au Burkina), doté de 1,7 milliard de F CFA (environ 2,6 millions d’euros).

Fonds propres

Le Sénégal est un peu ignoré par les capital-investisseurs : en dehors d’I&P, qui y a réalisé plusieurs investissements, les grands acteurs du métier misent souvent des montants de plusieurs millions d’euros, ciblant ainsi les grandes PME ou les groupes qui sont peu nombreux dans le pays.

« Nous avons besoin du capital-investissement pour permettre aux entrepreneurs d’avoir des capitaux leur permettant de lever de l’argent en dettes. Sinon, souvent, sans ces apports en fonds propres, il est difficile d’avoir des crédits bancaires pour compléter les financements dont a besoin une petite entreprise », a estimé Amadou Hott, le directeur général du Fonsis.

Les capital-investisseurs ciblant la petite entreprise (et non la moyenne ou la grande) sont très peu nombreux sur le continent. Avant Teranga Capital ou Synergie Burkina, XSML s’est spécialisé sur le même créneau en Afrique centrale.