Tunisie : Béji Caïd Essebsi condamne une « attaque jihadiste sans précédent »

Par Jeune Afrique avec AFP

Béji Caïd Essebsi, président tunisien, à Tunis, le 24 novembre 2015, quelques heures après l'attentat contre le bus de la garde présidentielle. © Slim Abid/AP/SIPA

Suite aux affrontements meurtriers qui ont eu lieu ce matin à Ben Guerdane près de la frontière avec la Libye, le président tunisien Béji Caïd Essebsi a condamné « une attaque jihadiste sans précédent et coordonnée ».

« Les Tunisiens sont en guerre contre cette barbarie et ces rats que nous allons exterminer (…) définitivement », a renchéri le président à la télévision publique tunisienne. Le bilan s’élève maintenant à 54 morts (36 jihadistes, 11 membres des forces de l’ordre et sept civils) pour cette attaque terroriste de grande ampleur dans la ville de Ben Guerdane, dans le sud-est de la Tunisie.

« Établir un émirat de Daesh à Ben Guerdane »

Les terroristes, identifiés comme venant de la frontière libyenne ont opéré, à cinq heures du matin, deux attaques simultanées au nord et au sud de la ville en suivant, d’après les premiers éléments, une stratégie bien précise.

« J’ai vu un grand nombre d’activistes à l’aube, qui couraient avec leurs kalachnikovs », a dit à Reuters un habitant, Hussein, par téléphone. « Ils disaient qu’ils étaient de l’État islamique (EI) et qu’ils venaient attaquer l’armée et la police », a-t-il expliqué.

Une thèse confirmée par le Premier ministre en personne Habib Essid. « Le but de cette attaque était de troubler la situation sécuritaire dans notre pays et d’établir un émirat de Daesh à Ben Guerdane », a dit le chef du gouvernement. Mais grâce à tous les efforts, à la coopération entre notre armée nationale et nos forces de sécurité intérieure, la réaction a été forte et rapide », a-t-il encore ajouté.

Couvre-feu décrété

À la suite de cette attaque, les autorités ont imposé dans la ville un couvre-feu nocturne, qui sera en vigueur de 19h00 à 05h00, a annoncé le ministère de l’Intérieur.

Lundi, les habitants ont également été invités à rester chez eux tandis que les fusillades se poursuivaient dans le centre de Ben Guerdane, une ville de 60 000 habitants située à une trentaine de kilomètres de la frontière libyenne. En outre, rapporte l’agence de presse tunisienne TAP, les autorités ont bouclé la station balnéaire de Djerba, non loin de là, et fermé deux postes-frontières avec la Libye.

Le message de soutien de François Hollande

Le président français François Hollande a apporté le soutien de la France à la Tunisie, estimant que ce pays avait été visé « parce qu’il est un symbole ».

« La France se tient aux côtés de la Tunisie qui a, une fois encore, été visée parce qu’elle est un symbole. Plus que jamais, la France est déterminée à poursuivre et intensifier sa coopération avec la Tunisie dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré le chef de l’État dans un communiqué diffusé par l’Élysée