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Début à Londres du procès du fonds souverain libyen contre Goldman Sachs et Société générale

Société Générale est présent dans 18 pays africains. © AFP

La Libyan Investment Authority a intenté deux procès contre l'américain Goldman Sachs et le français Société générale, deux groupes bancaires qu'il accuse de lui avoir vendu des produits financiers toxiques et auxquels les gestionnaires du fonds demandent quelque 2,5 milliards de dollars de compensation. Le procès s'ouvre ce lundi devant la Haute Cour de justice de Londres.

Le procès du fonds souverain libyen Libyan Investment Authority (LIA) contre le français Société générale et la banque d’investissement américaine Goldman Sachs s’ouvre ce lundi devant la Haute Cour de justice de Londres.

LIA, créé en 2007 sous le régime du Colonel Khadafi pour faire fructifier les gains du pétrole, a porté plainte au Royaume-Uni contre les deux banques en 2014 les accusant de lui avoir vendu des produits financiers toxiques.

La LIA, dans une plainte introduite auprès de la Haute Cour de justice de Londres en mars 2014, réclame 1,5 milliard de dollars de dommages et intérêts à la Société générale. Le fonds libyen accuse le groupe français d’avoir versé des pots-de-vin à un des proches d’un fils du colonel Kadhafi en contrepartie de supposés services de conseil portant sur l’investissement par la LIA de 2,1 milliards de dollars dans des obligations émises par Société générale et plusieurs de ses filiales fin 2007 et mi-2009.

En janvier 2014, Goldman Sachs était elle attaquée à Londres par la LIA pour « avoir tiré parti du manque de sophistication financière du personnel du fonds souverain libyen pour l’encourager à investir plus d’un milliard de dollars dans des transactions sans intérêt pour lui », selon le texte de la plainte rapporté par Reuters.

Les deux établissements bancaires contestent le bien-fondé des plaintes.

67 milliards de dollars d’actifs

La dernière valorisation de LIA, réalisée début 2013 par le cabinet Deloitte, fait état de 67 milliards de dollars d’actifs sous gestion.

Un trésor que réclament les deux gouvernements opposés en Libye. La légitimité de Hassan Bouhadi, nommé par le gouvernement de Tobrouk à la présidence du fonds, est contestée par Abdulmagid Breish, basé à Tripoli, qui soutient avoir été investi à ce poste en juin 2013 alors que le pays n’avait qu’un seul gouvernement.

En juillet 2015, pour permettre à la justice britannique de statuer sur leurs plaintes contre Goldman Sachs et Société générale, Hassan Bouhadi et Abdulmagid Breish ont, via leurs avocats respectifs, conjointement demandé à la justice britannique de nommer BDO, le cabinet d’audit et de conseil international basé à Bruxelles, pour être le récepteur et le gestionnaire des dossiers litigieux du fonds souverain libyen.

Cependant, faute de la reconnaissance par le Parlement internationalement reconnu de Tobrouk, du gouvernement d’union nationale libyen annoncé au Maroc le 14 février 2016, le juge britannique William Blair (frère de l’ancien Premier ministre Tony Blair) devra d’abord décider de la partie jugée légitime pour représenter les intérêts de la LIA. Le procès doit durer jusqu’au 16 mars et aucun jugement ne sera rendu immédiatement.

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