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Tunisie : plus de cinquante morts dans une attaque terroriste à Ben Guerdane

Par - à Tunis

Des soldats tunisiens surveillent les lieux où s'est tenu un assaut, le 3 mars 2016 dans la ville de Ben Guerdane, une région du sud-est de la Tunisie proche de la frontière libyenne. © Fathi Nasri / AFP

Après une première incursion sur le territoire tunisien, un groupe terroriste venu de Libye a lancé des attaques à Ben Guerdane lundi. Parmi les victimes figurent 36 assaillants, selon un bilan encore provisoire.

Le scénario est toujours le même. À bord de voitures 4×4, des hommes armés franchissent la frontière entre la Libye et la Tunisie de nuit et ciblent au petit matin des institutions sensibles, tels des hôpitaux et des bâtiments sécuritaires.

Cette fois-ci, ils avaient en ligne de mire une caserne militaire de la région de Jallel et le district de sûreté de la garde nationale de la ville à Ben Guerdane, à 30 kilomètres du poste frontière de Ras El Jdir.  Selon une source sécuritaire locale, sept terroristes ont été capturés, 36 ont été abattus ; parmi eux figure leur chef, Meftah Manita, identifié par les autorités tunisiennes comme individu extrêmement dangereux.

Dans ce raid, sept civils et 11 membres des forces de l’ordre (dont six gendarmes, trois policiers, un douanier et un soldat) ont été tués. Ce bilan reste provisoire. Pour le moment, un semblant d’accalmie n’empêche pas la persistance de tensions et d’affrontements d’autant que la chasse aux terroristes, dont huit sont actuellement retranchés dans une maison, est encore en cours.

La stratégie des terroristes

Les premières données montrent que les terroristes obéissaient à une stratégie bien précise. Ils ont opéré, à cinq heures du matin, deux attaques simultanées au nord et au sud de la ville. Au préalable, ils avaient tiré sur les véhicules croisés sur leur route et occasionné la mort d’un douanier et d’un garde national. Comme le groupe qui est intervenu le 3 mars, les terroristes sont tous des Tunisiens qui ont fait leurs armes au sein de Daesh.

En multipliant les provocations et les intimidations, les jihadistes montrent leur détermination à intervenir en Tunisie d’autant que des sources libyennes assurent que Daesh voudrait profiter de la situation de précarité du sud tunisien pour faire de Ben Guerdane, l’un de ses fiefs. Une manière d’étendre physiquement son influence, d’échapper à la pression d’une intervention de la coalition internationale et d’élargir  à la Tunisie une zone de conflit, actuellement centrée en Libye. Dans tous les cas, les complicités locales, notamment celle des réseaux de contrebande, sont nombreuses.

Couvre-feu à Ben Guerdane

La route menant à Djerba a été sécurisée et le ministère de l’Intérieur tunisien vient d’annoncer un couvre-feu nocturne à Ben Guerdane à partir de ce lundi soir de 19h à 5h du matin. Mais les experts sécuritaires tunisiens estiment  qu’il est urgent de fermer les frontières avec la Libye pour une longue durée. Ils préconisent également de mettre la région sous administration militaire, de faire voter des lois d’exception permettant de couper net à la contrebande et de solliciter l’aide internationale pour optimiser les ressources militaires.

Le statisticien,  Hassen Zargouni , originaire de Nefta( Sud Ouest)  alerte : « La politique des étapes, qui tend à ménager les contrebandiers et les populations locales qui risquent soit disant de basculer vers Daesh si on leur coupe les vivres du trafic transfrontalier, est à bannir dans les circonstances actuelles. L’éradication immédiate de la contre bande s’impose. Si le gouvernement est incapable de prendre de suite cette décision s’en sera fini d’un pays, d’une nation paisible, de l’avenir de nos enfants.»

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