Congo : deuxième jour d’interrogatoire, le général Mokoko reste « coopératif », selon la défense

Le général congolais Jean-Marie Michel Mokoko, candidat déclaré à la présidentielle du 20 mars 2016 au Congo-Brazzaville. © Issouf Sanogo/AFP

Appelé à se justifier sur une vidéo embarrassante, le général Jean-Marie Michel Mokoko est entendu mardi, pour la deuxième fois consécutive, au bureau de la DGST. Dans l'entourage du candidat déclaré à la présidentielle du 20 mars, l'on assure que l'officier a décidé de coopérer pour faire avancer l'enquête.

Après avoir boudé la première convocation de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), le général Jean-Marie Michel Mokoko semble avoir mis de l’eau dans son vin. Lundi 22 février, « de son plein gré » selon son entourage, le candidat à la présidentielle s’est rendu « autour de 8 heures du matin » au bureau du procureur de Brazzaville pour répondre à l’interpellation lancée quarante-huit heures plutôt par le parquet de la capitale congolaise.

C’est une affaire déjà connue et le général Mokoko avait déjà reconnu son erreur

Une enquête est en effet ouverte contre l’officier au sujet de « la circulation sur la place de Brazzaville et au même au niveau national de déclarations, largement relayées par la rue et par les réseaux sociaux, de M. Jean-Marie Michel Mokoko relatives à la vie de la nation », a fait savoir le procureur André Gakala Oko. Allusion faite à une vidéo qui montre l’officier en train de discuter de la préparation coup d’État contre le président Denis Sassou Nguesso.

« C’est une affaire déjà connue et le général Mokoko avait déjà reconnu son erreur », a expliqué lundi Me Nobert Tricaud, un des avocats de l’ancien chef d’état-major de l’armée congolaise, lors d’un point de presse organisé à Paris. « Ce sont des événements qui se sont produits à Paris il y a de très nombreuses années et depuis, il n’y a pas eu le moindre commencement d’exécution », a-t-il ajouté.

« Mokoko se montre coopératif »

La même ligne de défense a sans doute été suivie par les quatre autres avocats qui ont participé à la première audition lundi du général Mokoko. D’abord au parquet, puis au cabinet du directeur des services intérieurs de la DGST. Le rival du président Sassou est ensuite « rentré chez lui en homme libre » dans la soirée, s’est réjouit l’un de ses proches.

L’audition se poursuit ce mardi à la DGST. « Le général se montre coopératif », assure Me Norbert Tricaud qui espère que ces « tracasseries » s’arrêteront à temps pour permettre à son client de mener sereinement la campagne électorale en vue de la présidentielle du 20 mars.