RD Congo : Ban Ki-moon s’est rendu dans le Nord-Kivu avant de rejoindre Kinshasa

Ban Ki Moon © Salvatore Di Nolfi/AP/SIPA

Le secrétaire général des Nations unies s'est rendu pour la deuxième fois depuis 2013 dans l'est de la République démocratique du Congo. Une visite qui jusqu'ici déçoit une partie de la société civile.

Après sa rencontre avec le président burundais Pierre Nkurunziza, le secrétaire des Nations unies Ban Ki-moon s’est envolé ce mardi matin pour Goma, chef lieu du Nord-Kivu, dans l’est de la RD Congo, pour un séjour de moins de 48 heures dans le pays.

Accueilli par le gouverneur de la province Julien Paluku, Ban Ki-moon s’est rendu directement au camp de Mungote, à Kitshanga, à plus de 80 kilomètres, dans le Nord-Kivu, où vivent près de 15 000 déplacés.

Le secrétaire général de l’ONU a également rencontré le chef de la force des Nations unies en RD Congo (Monusco) pour discuter de la protection des civils. À la fin du mois de janvier, la RD Congo et la force onusienne ont repris officiellement leur coopération militaire, sclérosée depuis un an.

À son retour à Goma, il s’est entretenu en tête à tête avec le docteur Denis Mukwege, L‘homme qui répare les femmes, héros du documentaire du cinéaste belge Thierry Michel et de Colette Braeckman, un temps interdit de projection en RD Congo.

Espoirs déçus de la société civile

C’est la deuxième fois que le secrétaire général des Nations unies se rend en RD Congo. Son premier voyage qui remonte à mai 2013  s’était effectué dans un climat tendu marqué par des combats dans l’est du pays. À en croire la Monusco, cette visite s’inscrit dans le cadre du sommet humanitaire mondial 2016 qui aura lieu à Istanbul au mois de mai prochain.

Me Omar Kavota, porte-parole d’un regroupement d’ONG dans le Nord-Kivu, s’avoue « plutôt déçu » de cette deuxième visite du numéro 1 de l’ONU alors que les attentes de la population en matière « de paix, de sécurité et de justice » sont vives.

« Ban Ki-moon ne s’est pas rendu où les massacres sautent aux yeux, mais il a choisi de mettre l’accent sur les déplacés », commente Me Kavota, pointant du doigt la résurgence des massacres depuis trois mois entre groupes armés hutu et nande, au Nord-Kivu.

Depuis la signature de l’accord-cadre régional en février 2013 sous l’égide de l’ONU alors que Ban Ki-moon était déjà secrétaire général, « la population ne voit rien changer », insiste le représentant de la société civile, piqué par le fait que le numéro 1 de l’ONU ait motivé son déplacement par « la conférence sur les investissements privés dans les Grands Lacs » qu’il doit lancer mercredi à Kinshasa.

Encourager le dialogue politique

Le secrétaire général de l’ONU a rejoint la capitale congolaise dans l’après-midi. Il devrait profiter de sa présence dans la capitale congolaise pour tenter de relancer le processus du dialogue politique. Des rencontres sont prévues avec les autorités, les représentants de la majorité, ceux de l’opposition et de la société civile.