Le Niger dans l’attente des résultats de la présidentielle

Par Jeune Afrique avec AFP

Dans un bureau de vote de Niamey, le 21 février 2016. © AFP/issouf Sanogo

Les opérations de vote pour la présidentielle et les législatives qui avaient été prolongées dans plusieurs villes du Niger ont pris fin lundi soir. Selon les autorités, les résultats devraient être annoncés dans les cinq jours qui viennent.

« Tous les bureaux sont fermés », a affirmé, lundi 22 février au soir, le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) Me Kadri Sanda Oumarou.

Le vote avait a été prorogé lundi dans de nombreuses villes qui n’avaient pas reçu le matériel électoral dimanche, comme « près de Tahoua (Ouest, fief électoral du président Issoufou), Agadez (Nord) et près de Zinder (Sud) », selon la Ceni qui a commencé à annoncer des résultats partiels, notamment ceux de la diaspora et de 20 des 308 communes du pays. Ces résultats partiels donnent le président Issoufou en tête avec 40,18% devant Hama Amadou avec 29,17%.

Selon les autorités, les résultats complets doivent être annoncés dans les cinq jours suivant le scrutin. Mais certaines tendances se dessinent déjà comme à Niamey, fief traditionnel de l’opposant Hama Amadou, où celui-ci est largement en tête comme prévu, a-t-on appris de sources concordantes. « Il y aura un second tour », affirme Moussa Harouna, le représentant de l’ancien Premier ministre Seïni Oumarou, citant les tendances recueillies par ses militants.

« Que son coup KO échoue [En référence à la volonté du président Mahamadou Issoufou de s’imposer dès le premier tour, NDLR], c’est déjà une victoire pour nous et un échec pour lui parce qu’il en avait fait un point d’honneur », a-t-il assuré, promettant que l’opposition serait victorieuse au second tour.

Bilan sécuritaire positif

« Nous attendons les rapports des représentants sur le terrain (…) mais la Cour constitutionnelle va avoir du travail », a-t-il ajouté, en citant l’exemple de Bosso (Sud-Est), où selon lui des éléments armés ont tenté de s’emparer des urnes.

Chez l’autre principal opposant, Hama Amadou, incarcéré depuis novembre en raison d’une affaire controversée de trafic d’enfants, on refusait lundi de commenter le vote. « Les résultats vont au-delà de nos espérances. Nous sommes très, très, très confiants » et « comme promis, (Hama Amadou) va aller de la prison à la présidence », souffle un représentant du candidat.

« Tout s’est bien passé au niveau sécuritaire », a précisé à la mi-journée à l’AFP le ministre de l’Intérieur Hassoumi Massaoudou. Il s’est aussi montré « très confiant », balayant les accusations de fraude.

Un incident lié aux législatives

« Les élections sont libres et transparentes, assure-t-il. La preuve, c’est que l’opposition arrive largement en tête à Niamey. Si on voulait faire un hold-up, pourquoi on ne l’a pas fait à Niamey alors ? (…) Ils racontent n’importe quoi. Nous allons gagner à la régulière », conclut-il.

La campagne, très tendue, a été marquée par des échauffourées entre partisans du président et opposants qui contestent la régularité du fichier électoral. Elle a été précédée de l’arrestation de personnalités et l’annonce d’un putsch raté par le pouvoir.

Signe de cette tension : un incident s’est produit à Tassara, à la frontière avec l’Algérie. Le président local de la Ceni a dû se réfugier à la gendarmerie et les gendarmes faire « des tirs de sommation devant des 4×4 venus d’Algérie qui encerclaient le bâtiment », selon un délégué du parti de M. Issoufou, Mohamed Ibrahim. Celui-ci a ajouté qu’il s’agissait d’un contentieux électoral au sujet des législatives.

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