Tchad : un lycéen tué et cinq autres blessés lors d’une manifestation dans l’Extrême-Nord

Par Jeune Afrique avec AFP

Des policiers et des militaires patrouillent dans les rues de N'Djamena, le 15 juin 2015, au Tchad. © Brahim Adji / AFP

Un lycéen a été tué par balle et cinq autres ont été blessés lundi par des militaires tchadiens qui ont dispersé dans la ville de Faya Largeau, dans l'extrême-nord du pays, une manifestation en réaction au viol d'une jeune fille au début du mois de février.

« Les militaires ont tiré sur les élèves, ce qui a occasionné un mort et cinq blessés », a indiqué par téléphone un habitant travaillant à l’hôpital de la ville, sous couvert d’anonymat. Selon cette source, les élèves ont commencé leur marche à partir du lycée et se sont dirigés vers le gouvernorat, le palais de justice et le marché, avant d’être dispersés par les militaires.

Le mouvement de protestation des lycéens, qui s’élargit de jour en jour, a débuté le 15 février avec plusieurs centaines d’entre eux manifestant à N’Djamena après le viol d’une jeune fille, Zouhoura, deux jours auparavant. Les manifestants avaient été dispersés et un des protestataires, Abbachou Hassan Ousmane, 17 ans, a été tué par balle par la police.

Les cinq accusés de ce viol, dont trois enfants de généraux, avaient posté sur les réseaux sociaux des photos de la jeune fille nue et en larmes, ont été depuis arrêtés. Quatre complices présumés, dont un fils du ministre des Affaires étrangères, ont également été arrêtés. Mais la colère n’a pas quitté les jeunes tchadiens.

Les élèves des deux grands lycées de N’Djamena n’ont pas repris les cours

Le mouvement s’est propagé à d’autres villes, notamment à Moundou, capitale économique et deuxième ville du pays, et à Massaguet, à 80 km de N’Djamena. Lundi, 17 lycéens arrêtés pour avoir manifesté vendredi à Massaguet étaient toujours détenus, selon la Convention tchadienne pour la défense des droits de l’homme (CTDDH).

Dans la capitale, les élèves des deux grands lycées n’ont pas repris les cours lundi. Ils avaient fait de même vendredi, après avoir été empêchés de manifester la veille par la police qui les avait dispersés à l’aide de gaz lacrymogène. Lundi soir, le ministre de la Sécurité, Ahmat Bachir Mahamat, a pris un arrêté interdisant une manifestation dans la capitale à laquelle l’opposition politique venait d’appeler.

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