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Centrafrique : cinq choses à savoir sur Faustin-Archange Touadéra

L'ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra le 14 février à Bangui. © Jerome Delay/AP/SIPA

Déclaré vainqueur samedi 20 février de l'élection présidentielle en Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra a créé la surprise en surclassant son rival Anicet-Georges Dologuélé. Il sera investi ce mercredi. Portrait.

1. Un mathématicien à la longue carrière universitaire

Faustin-Archange Touadéra, 59 ans, est issu d’une famille banguissoise, où il est né le 21 avril 1957. Fils d’un chauffeur et d’une cultivatrice, il manifeste très tôt des facilités en mathématiques. Après être passé par les universités de Bangui, d’Abidjan, de Lille et de Yaoundé, il obtient un doctorat d’État en mathématiques pures.

Membre de l’Association nationale des étudiants centrafricains, il entame dès 1987 une carrière d’enseignant à l’université de Bangui comme professeur assistant de mathématiques. Vice-doyen de la faculté des sciences de l’université de 1989 à 1992, il en devient le vice-chancelier en mai 2004 puis le recteur de 2005 à 2008.

2. Un Premier ministre effacé mais efficace

Sous Bozizé, Touadéra arrive à la Primature le 22 janvier 2008 sur la pointe des pieds. Parfait inconnu du monde politique, il est nommé dans un contexte de crise sociale, marquée par des mouvements de grèves dans l’administration et l’enseignement après le débrayage des fonctionnaires lancé au début de l’année. Bangui fait alors face à une grave crise financière et ne parvient pas à payer régulièrement ses 24 000 fonctionnaires.

Décrit comme un Premier ministre effacé dans l’ombre d’un président omniprésent, son bilan est néanmoins assez positif. Les fonctionnaires lui doivent la bancarisation de leurs salaires, après plusieurs années d’arriérés, et ils ne l’ont pas oublié. Sur le plan politique, Touadéra peut s’enorgueillir d’avoir eu à conduire le dialogue inclusif de Bangui fin 2008 – dialogue à l’issue duquel ont été signés plusieurs accords de paix.

3. Un candidat rassembleur

C’est l’une des clefs de sa victoire. Faustin-Archange Touadéra a réussi, très rapidement après le 1er tour de la présidentielle, à rallier à sa cause de nombreux candidats, une vingtaine. Il a également obtenu le soutient du grand perdant du premier tour, Martin Ziguélé (11,43 %) et de l’ancien ministre Karim Meckassoua. Enfin, si le KNK  de François Bozizé a rallié Dologuélé, l’accord n’a pas satisfait tous les cadres du parti. Il a notamment été dénoncé par plusieurs de ses responsables locaux.

Résultat : l’ancien Premier ministre, soutenu par des hommes politiques issus de presque toutes les régions du pays, a réalisé des scores importants sur l’ensemble du territoire.

4. Un président surprise…

Touadéra se prépare depuis l’élection de Catherine Samba-Panza à la tête de la transition en janvier 2014. Il met alors fin à son exil parisien (il avait quitté Bangui quelques mois après la chute de Bozizé en mars 2013) pour peaufiner sa candidature avec un petit groupe de fidèles.

Avant le premier tour du 30 décembre, il était celui que personne n’attendait, Martin Ziguélé, Anicet-Georges Dologuélé, Karim Meckassoua, Désiré Kolingba faisant office de favoris. Ses bons résultats dans certaines régions et arrondissements de Bangui ont laissé pantois les plus grands connaisseurs de la Centrafrique.

Auteur d’une campagne discrète au premier tour, Touadéra s’est attiré les faveurs de plusieurs hommes d’affaires dans l’entre-deux tours. Ses appuis financiers demeurant toutefois moins puissants que ceux de son rival, Dologuélé. Vainqueur avec une large avance, 62,71% contre 37,29%, Faustin-Archange Touadéra est le 3e président centrafricain démocratiquement élu.

5. …sans marge de manœuvre ?

C’est un peu la rançon de la gloire. En négociant des alliances avec autant de candidats, Touadéra doit maintenant satisfaire tous ses soutiens. Parviendra-t-il à s’imposer ? Pourra-t-il composer comme il le souhaite son gouvernement ? De plus, le nouveau président sera largement dépendant de la communauté internationale. C’est elle qui, depuis plus de deux ans, paie les fonctionnaires et assure la sécurité. En Centrafrique, dix mille Casques bleus et environ 900 soldats français sont actuellement déployés.

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