Tunis : placement béton ?

Malgré des doutes sur la viabilité de ses projets, Carthage Cement se maintient au plus haut.

Le 18 août, les actionnaires de Carthage Cement sont invités à approuver les résultats financiers 2010. Encore une occasion pour Hatem Garbouj, administrateur judiciaire, d’insister sur la solidité de son projet de cimenterie dernier cri. Un discours rassurant reçu cinq sur cinq par les 7 000 petits porteurs qui, ensemble, possèdent 49 % du capital. La preuve ? Bien que détenu à hauteur de 35 % par Belhassen Trabelsi (en fuite au Canada) avant le 14 janvier, Carthage Cement est resté une valeur sûre de la Bourse de Tunis. Depuis janvier, son cours a même enregistré une hausse de 11,5 %, pendant que celui d’Ennakl, autre société liée au clan Ben Ali, chutait de 31,6 %.

Scepticisme

En dépit d’un business plan prévoyant une marge Ebitda (ration proche de la marge brute d’exploitation) de 53 %, le projet de Carthage Cement laisse sceptique. En effet, un tel niveau de rentabilité est très difficile à atteindre, à moins d’avoir accès, comme dans le Golfe, au pétrole le moins cher au monde. De plus, l’activité commerciale de la nouvelle cimenterie démarrera, avec retard, probablement au premier trimestre de 2013, ce qui est problématique pour une société qui devra payer ses dettes à partir de juin 2012. Pas certain que des banques acceptent de soutenir un groupe dont les créances atteignent déjà plus de 250 millions d’euros… à moins que des investisseurs décident de participer à une augmentation de capital. Pour cela, les talents de persuasion d’Hatem Garbouj ne seront pas de trop. 

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