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Vidéo – Delly Sesanga : « L’opposition en RD Congo a tort de sous-estimer Kabila »

Le député congolais Delly Sessanga, président de l'Envol (opposition), le 10 février 2016 à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

Contrairement à plusieurs autres leaders de l'opposition congolaise, Delly Sessanga estime qu'il faut d'ores et déjà se pencher sur une candidature commune de l'opposition face au camp Kabila. Le président de l'Envol s'en explique.

« Je ne suis pas de ceux qui pensent que la candidature commune de l’opposition doit être renvoyée aux calendes grecques. » Le député congolais Delly Sesanga n’y va pas par quatre chemins lorsqu’il plaide en faveur de la désignation de « la personne qui portera le projet de l’alternance en RD Congo ».

Nécessité de synthèse

De passage à Paris où il séjourne pour « quelques contacts diplomatiques », le président de l’Ensemble des volontaires pour le développement de la RD Congo (Envol), a confié, le 10 février, à Jeune Afrique que « l’idée de devoir préparer les conditions pour désigner le candidat commun de l’opposition ne doit pas être dissociée du combat pour l’obtention des élections dans les délais constitutionnels ». Une démarche qui se pose à contre-courant de la position de plusieurs leaders de l’opposition. Ces derniers voudraient en effet d’abord obtenir des autorités le respect des échéances électorales avant de se choisir un candidat commun pour la présidentielle.

« Erreur ! » clame Delly Sesanga. Fort de l’expérience des présidentielles de 2006 (il était à l’époque directeur de cabinet de Jean-Pierre Bemba) et 2011 (il avait soutenu la campagne d’Étienne Tshisekedi), l’ancien ministre du Plan estime qu’« après le temps de la liberté où chaque leader de l’opposition peut s’exprimer et présenter son projet, il faudrait très rapidement que l’opposition fasse la synthèse et désigne la personne la mieux à même de porter ses aspirations communes ».

Et si Kabila ne se représentait pas…

« L’opposition a tort de sous-estimer Joseph Kabila, poursuit-il. Le président sortant a un camp politique et dispose encore de cartes à jouer. Et s’il annonçait demain qu’il a choisi un dauphin et qu’il ne sera pas lui-même candidat à la présidentielle, l’opposition aura-t-elle le temps suffisant pour s’organiser ? »

Delly Sesanga craint de voir, une fois de plus, l’opposition congolaise se présenter en ordre dispersé lors de la présidentielle à un tour prévue fin novembre. Un scrutin qui risque d’ailleurs d’être retardé en raison de plusieurs contraintes techniques qui pèsent sur le processus électoral en RD Congo. L’hypothèse n’est pas exclue, selon Delly Sesanga. « Mais le glissement du calendrier électoral ne doit pas être un prétexte pour justifier un troisième mandat de Joseph Kabila ou pour changer de Constitution », martèle le leader de l’Envol.

Interview vidéo de Delly Sesanga, député et opposant congolais

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