Mines : Anglo American annonce des cessions d’actifs dans le fer et le charbon

Mines de platine à Marikana en Afrique du Sud. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Sanctionné par l'agence financière Moody's qui a placé sa dette dans la catégorie "investissement spéculatif" et dans la foulée d'une perte de 5,6 milliards de dollars, le géant minier britannique né en Afrique du Sud a dévoilé les secteurs dans lesquels il souhaite se désengager en priorité : le fer et le charbon.

Faisant état d’une baisse de -7 % en moyenne des prix de vente de son portefeuille de minerais (-5 % sur le diamant, -8 % sur le charbon, -14 % sur le fer), les cessions d’actifs drastiques, annoncées en décembre 2015 par le géant minier Anglo American, se précisent.

Rendant publique le 16 février une perte de -5,6 milliards de dollars, au-delà des -3,7 milliards d’euros escomptés, Mark Cutifani, patron du groupe basé à Londres et à Johannesburg, a précisé la manière avec laquelle il entend restructurer le portefeuille de minerais d’Anglo American. Dans le viseur en priorité : le fer et le charbon. Des ventes dans les domaines du nickel, du niobium (composant de l’acier) et du phosphate sont également envisagées.

Les options de sortie de sa filiale sud-africaine dans le fer, Kumba Iron Ore (48,2 millions de tonnes de fer en 2014), sont en cours, est-il noté dans la documentation financière rendue publique mardi. Idem pour le charbon, autre empreinte forte d’Anglo American en Afrique du Sud, dont le groupe veut sortir. « Oui, au bon moment et au juste prix », a indiqué Mark Cutifani lors d’un point presse, cité par Reuters.

L’objectif de ces différentes cessions est de lever de 3 à 4 milliards de dollars, en plus des 2,1 milliards dollars déjà glanés par des ventes d’actifs en 2015, pour ramener la dette sous les 10 milliards de dollars à la fin 2016 (elle était de 13,5 milliards de dollars à la clôture de l’exercice 2015), et à 6 milliards de dollars à moyen terme.

Un programme de réduction de la dette jugé peu crédible par Moody’s

Une ambition jugée irréaliste par l’agence de notation financière Moody’s qui est venue sanctionner le même jour la dette du groupe minier, qu’elle a rétrogradée de trois crans à « Ba3 » dans la catégorie dite « spéculative » contre une note de « Baa3 » jusqu’à présent, avec une perspective négative, mettant en doute la capacité du géant minier à se restructurer. « En attendant de nouvelles annonces de la société, [Moody’s] considère que des désinvestissements d’actifs non-essentiels seront difficiles à exécuter dans l’environnement actuel », a écrit l’agence mardi, rapporte Reuters.

Côté Anglo American, priorités seront données au diamant et à De Beers (producteur de diamant au Botswana, en Namibie et en Afrique du Sud) dont le groupe britannique est actionnaire à 85 %, au platine – via sa filiale Anglo Platinum, numéro un mondial du secteur -, ainsi qu’au cuivre chilien.

En ce qui concerne le platine, l’annonce d’Anglo American va à rebours des intentions affichées par le groupe minier, en 2014, lorsqu’il indiquait une sortie probable de ses mines sud-africaines, après plusieurs mois de grève.

Cependant, le même jour, un syndicat de salariés de De Beers, cité par Reuters, annonce que le géant diamantaire envisage de réduire les effectifs de 366 postes en Afrique du Sud.

Le 8 décembre 2015, un plan de cession massif visant la vente ou la fermeture de l’équivalent de 60 % de ses actifs miniers, avec la réduction de ses effectifs de 135 000 à 50 000 salariés, avait été annoncé par le groupe.

L’action du groupe était en recul de -6,38 % à Johannesburg et de -6,12 % à Londres à la mi-journée, ce mardi.

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