Tchad : qui est Albert Pahimi Padacké, le nouveau Premier ministre d’Idriss Déby Itno

Idriss Déby Itno, le président du Tchad. © Vincent Fournier/J.A.

À moins de deux mois de la présidentielle prévue le 10 avril, Idriss Déby a nommé samedi soir le député Albert Pahimi Padacké Premier ministre, en remplacement de Kalzeubé Pahimi Deubet qui a rendu son tablier.

L’annonce a été faite, le 13 février au soir, par l’Office national de radiodiffusion du Tchad (ONRT), la télévision d’État. Albert Pahimi Padacké, leader du Rassemblement national des démocrates tchadiens (RNDT-Le Réveil), a été nommé chef du gouvernement par le président Idriss Déby Itno (IDI).

Le chef de l’État a pris acte en même temps de la démission du Premier ministre Kalzeubé Pahimi Deubet qui était aux affaires depuis novembre 2013.

Quinze jours pour présenter le gouvernement

Originaire de la région de Mayo-Kebbi Ouest, dans le sud du pays, le nouveau Premier ministre,  Albert Pahimi Padacké dispose d’un délai constitutionnel de 15 jours pour présenter son gouvernement à l’Assemblée nationale et tenter d’obtenir la confiance de cette dernière. Son parti n’ayant que huit députés dans les 188 sièges que comptent l’Assemblée nationale, Albert Pahimi Padacké pourra compter sur les élus de la majorité au pouvoir.

À moins de deux mois de la présidentielle du 10 avril, il devrait composer « un gouvernement de combat électoral », selon l’expression d’un observateur.

Un habitué de la politique tchadienne

Padacké est originaire de la même région de Saleh Kebzabo, le chef de file de l’opposition et principal adversaire de Déby. Il fut plusieurs fois ministre depuis les années 1990. D’abord aux finances, puis au commerce avant d’être limogé en novembre 1997 pour « absences répétées ». En 2001, Padacket devint secrétaire d’État aux Finances puis ministre des Mines, de l’énergie et du pétrole avant d’être élu député du RNDT-Le Réveil en avril 2002.

Candidat du même parti à la présidentielle de 2006, il arriva en troisième position avec 7,82 % des voix lors d’un scrutin boycotté par les principaux partis d’opposition. Il fut ensuite ministre de la Justice puis des Postes et de la communication.

Padacké s’apprêtait à se présenter contre IDI à la présidentielle du 10 avril.