Les résultats de Maroc Telecom affectés par ses nouvelles filiales africaines

Par - Envoyé spécial à Rabat

Abdeslam Ahizoune, président du Directoire de Maroc Télécom, ici lors du Africa CEO Forum 2014 à Genève. © Eric Larrayadieu pour Jeune Afrique

L’opérateur, qui a dû s’endetter pour racheter six filiales participations de sa maison-mère en Afrique, a vu son résultat reculer de -4 %, malgré une nette progression du chiffre d’affaires.

La récupération d’actifs d’Etisalat en Afrique (qui opèrent sous la marque Moov) a impacté les résultats de l’opérateur marocain au titre de l’exercice 2015. « Désormais 59 % de notre parc provient de nos filiales africaines* qui contribuent à 41 % au chiffre d’affaires », a souligné Abdeslam Ahizoune, président du directoire de Maroc Telecom, lors de la conférence de presse pour la présentation des comptes annuels, tenue à Rabat ce 15 février.

Les 14 milliards de dirhams de chiffre d’affaires issus des 11 sociétés apparentées à Maroc Telecom sur le continent, en hausse de +62 %, a permis de compenser la stagnation de l’activité sur le marché domestique marquée par une baisse des tarifs. Conséquence : le chiffre d’affaires global du groupe réalise un bond de +17,1 % pour s’établir à 34,13 milliards de dirhams (3,15 milliards d’euros).

La contribution des filiales africaines a également marqué la marge opérationnelle. Les 5,6 milliards de dirhams d’excédent récoltés à travers le continent ont permis de porter l’Ebitda du groupe à 16,74 milliards pour afficher une hausse de +6,7% par rapport à 2014.

Hausse de l’endettement

En revanche, au niveau du résultat net, les sociétés africaines ont plutôt tiré vers la baisse la rentabilité du groupe dont le résultat net aprt du groupe ressort à 5,59 milliards de dirhams (516 millions d’euros), soit en recul de -4,3%. « Les pertes générées par les nouvelles filiales africaines ont été ressenties sur notre rentabilité », explique Abdeslam Ahizoune qui reste néanmoins confiant : « La tendance est en train de s’inverser et certaines de nos filiales ne vont pas tarder à devenir bénéficiaires ».

Il n’empêche que Maroc Telecom va devoir faire face à une hausse de ses charges financières. Le groupe a en effet dû lever près de 7 milliards de dirhams de dettes pour financer ses nouvelles acquisitions. Son endettement est passé de 5,4 milliards à 12,6 milliards de dirhams entre 2014 et 2015, tandis que les intérêts nets payés ont grimpé de +30 % pour atteindre 416 millions de dirhams.

Comme il est de coutume, depuis plusieurs années, le conseil d’administration de Maroc Telecom a décidé de distribuer en dividendes l’intégralité des bénéfices dégagés. Et ce malgré l’important programme d’investissement prévu pour 2016 : 8,4 milliards de dirhams, dont 4 milliards dédiés aux filiales africaines.

Maroc Telecom est contrôlé à 53 % par l’opérateur émirati Etisalat. L’État marocain est le deuxième actionnaire avec 30 % du capital de l’entreprise cotée simultanément à Casablanca et à Paris.

*Maroc Telecom est également présent au Mali, au Burkina Faso, au Gabon, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Togo, au Niger et en Centrafrique. Le groupe marocain détient également Prestige Telecom qui fournit des prestations IT auprès des six filiales acquises auprès de sa maison-mère début 2015.