Présidentielle en Ouganda : brève arrestation de Kizza Besigye, candidat et opposant historique

Par Jeune Afrique avec AFP

L'opposant ougandais Kizza Besigye, le 19 mai 2011. © Ronald Kabuubi/AP/SIPA

Kizza Besigye, opposant historique à Yoweri Museveni, a été brièvement arrêté par la police à Kampala, lundi. Une interpellation qui survient à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle du 18 février.

« Besigye a été arrêté par la police. Plusieurs de nos militants ont été blessés, certains grièvement, quand la police a lancé des gaz lacrymogènes sur notre candidat qui faisait campagne », a déclaré le porte-parole de son parti, Ibrahim Ssemujju Nganda.

« L’arrestation a eu lieu après des scènes de désordre, alors que Besigye faisait campagne dans Kampala », a rapporté le quotidien d’État New Vision. La police avait eu recours à des gaz lacrymogènes pour disperser ses partisans.

Le chef du Forum pour le Changement démocratique (FDC) a été arrêté après avoir tenté de tenir un meeting dans le centre-ville, que n’a pas autorisé la police, a indiqué de son côté le Daily Monitor. Il a été libéré après quelques heures de détention ; à la mi-journée, il se rendait vers l’université pour y tenir un meeting.

Opposant historique 

Battu à trois reprises en 2001, 2006 et 2011, Kizza Besigye entend à nouveau défier Yoweri Museveni jeudi. Au pouvoir depuis 1986, le président ougandais doit en effet affronter au premier tour de la présidentielle sept candidats. Parmi ces derniers, figurent notamment Kizza Besigye, opposant historique et dirigeant du Forum pour un changement démocratique (FDC)  et l’ex-Premier ministre Amama Mbabazi, ancien cacique du pouvoir.

Des dirigeants du FDC ont accusé le gouvernement de les empêcher de tenir des réunions publiques dans le centre de la capitale. « Museveni a fait du centre de Kampala un territoire interdit pour l’opposition », a déploré Ibrahim Ssemujju Nganda. « Le FDC avait initialement l’intention de tenir lundi une réunion électorale dans un stade de football, mais la police nous a bloqués. Cela ne nous a pas laissé d’autre choix que de nous adresser aux électeurs dans les rues », a-t-il ajouté.

« Blessé au bras droit »

Des images diffusées à la télévision montraient Kizza Besigye sur le siège avant d’une voiture de police, entouré par des policiers en tenue anti-émeute et des journalistes. La police n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat.

« M. Besigye a été blessé au bras droit et emmené dans un poste de police du centre de Kampala », selon Swaibu Mugalu, un responsable de la sécurité de son parti.

Ancien médecin personnel de Yoweri Museveni

Ancien médecin personnel de Yoweri Museveni dans le maquis, quand celui-ci dirigeait l’Armée de résistance nationale (NRA), Kizza Besigye était devenu chef de l’opposition en 2001. Depuis, il a régulièrement été arrêté dans le cadre de ses activités politiques et souvent relâché au bout de quelques heures.

Il avait affirmé par le passé qu’il ne se présenterait plus après ses défaites en 2001, 2006 et 2011, affirmant qu’un scrutin libre et équitable était « impossible en Ouganda ».

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