RDC : interpellé puis relâché, le député Martin Fayulu affirme avoir été tabassé

Martin Fayulu. © Page Facebook de Martin Fayulu.

Le député de l’opposition et président du parti politique Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecidé), Martin Fayulu, a été libéré dimanche vers 21h20, heure locale. Il avait été interpellé en début d’après-midi.

Martin Fayulu a été libéré dimanche 14 février après quelques heures de détention au sein des locaux des renseignements militaires. Joint par Radio Okapi après sa libération, le député disait ignorer les raisons de son « enlèvement ». Il indique cependant avoir été tabassé et emmené de force.

« Ils sont venus chez moi pour dire qu’il y avait la bagarre chez nous. Je leur ai dit qu’il n’y avait pas de bagarre. (…) Ils ont vu des documents que nous distribuons aux congolais pour leur dire que mardi 16 février, c’est journée ville morte sur toute l’étendue de la république [Martin Fayulu est l’un des organisateurs de la journée ville morte, NDLR]. Et là ils m’ont dit que je dois aller chez leur chef. (…) Ils ont commencé à me brutaliser. Ils m’ont tabassé, ils m’ont blessé et ils m’ont jeté dans leur jeep », a raconté le député à Radio Okapi.

Un dossier a été ouvert, selon Lambert Mende

Le même dimanche, le ministre des Relations avec le Parlement, Triphon Kin-kiey Mulumba, avait affirmé que le député Martin Fayulu avait été interpellé et non enlevé. Selon Lambert Mendé, ministre de la Communication, le député avait été arrêté pour incitation aux troubles à l’ordre public.

« Une fois identifié en tant que député par un magistrat, il a été relâché » a-t-il expliqué sur RFI, précisant qu’« un dossier a été ouvert, on verra les suites que l’Assemblée nationale donnera à l’affaire puisqu’il faut toujours que la justice ait l’autorisation de l’Assemblée pour poursuivre un député ».

Sur son compte Twitter, le président de l’Assemblée nationale Aubain Minaku a indiqué avoir saisi le Procureur général de la république pour faire respecter les principes constitutionnels dans la procédure de l’arrestation d’un député national.

« Mode d’intimidation », selon le bureau de l’ONU

L’envoyé spécial des États-Unis pour les Grands lacs a exprimé sa préoccupation après cette arrestation. « Criminaliser l’opposition et toute voix dissidente ne peut que créer de l’instabilité », a déploré Tom Perriello sur Twitter.

Le chef du bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, José Maria Aranaz, a quant à lui estimé qu’« arrêter un leader de l’opposition est un pas supplémentaire très sérieux qui confirme que l’espace politique continue de se réduire et qu’il y a de plus en plus de restrictions des droits et libertés en RDC ».

« C’est toujours le même mode d’intimidation, contraire à la liberté de rassemblement pacifique prévue par la Constitution », a estimé José Maria Aranaz à propos de l’interpellation de l’opposant.

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