LRA : Okot Odek, un proche de Joseph Kony, a été capturé en Centrafrique

Par Jeune Afrique avec AFP

Joseph Kony reste introuvable. © STR/AP/SIPA

Un des chefs de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) a été capturé lundi en Centrafrique. Il s'agit de Okot Odek, un des principaux commandants de la sanguinaire rébellion ougandaise, a indiqué mercredi une source au sein de la gendarmerie centrafricaine.

« Nous détenons une liste des chefs de la LRA recherchés et jugés dangereux, qui nous permet d’appuyer la traque menée par les forces ougandaises et américaines. Et celui qui vient d’être arrêté et remis aux forces américaines est le commandant Okot Odek », a déclaré cette source de la gendarmerie d’Obo, ville de l’extrême-est de la Centrafrique où sont basés militaires ougandais et américains traquant la LRA.

Une faction de l’ex rébellion de la Séléka, le Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC), avait annoncé lundi avoir capturé le weekend dernier et remis aux forces américaines un chef de la LRA, présenté sous le nom de guerre de « commandant Sam ».

Odek s’est-il rendu par peur de Kony ? 

« Son identité a été révélée par lui-même ainsi que par certains éléments qui se sont rendus », a ajouté la source au sein de la gendarmerie, précisant qu’après leur capture ou leur reddition « les chefs sont détenus par les Américains ou les Ougandais ».

La LRA est responsable selon l’ONU de la mort de plus de 100 000 personnes et de l’enlèvement de plus de 60 000 enfants dans le nord de l’Ouganda

Selon l’ONG américaine Invisible Children, créée pour sensibiliser l’opinion aux exactions de la LRA, Odek pourrait ne pas avoir été capturé mais s’être rendu de son plein gré. Sur son site, l’ONG évoque l’hypothèse selon laquelle il aurait agi ainsi « car il avait peur que Kony (chef de la LRA) ait donné des ordres pour le tuer », une pratique coutumière à Joseph Kony contre les commandants qui n’ont plus ses faveurs.

Série d’attaques d’hommes de la LRA

Cette arrestation intervient après une série d’attaques d’hommes de la LRA ces dernières semaines dans les régions de Zémio, Bakouma et Bangassou dans l’est et le nord-est de la Centrafrique. Ces incidents se sont soldés par la mort d’au moins une personne et par plusieurs dizaines d’enlèvements.

L’ex-Séléka avait déjà revendiqué en janvier 2015 l’arrestation de Dominic Ongwen, ancien chef de guerre ougandais de la LRA, qui a comparu le 21 janvier devant la Cour pénale internationale (CPI) pour répondre de 70 chefs d’accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Odek, très proche de Kony 

Odek était l’un des proches de Kony, lui servant de garde du corps à l’occasion d’une rencontre avec des négociateurs, en présence de journalistes, dans l’une de ses bases en 2006. Il avait été enlevé enfant, aux environs de huit ans, par la LRA dans le nord de l’Ouganda, une pratique coutumière de la rébellion, responsable selon l’ONU de la mort de plus de 100 000 personnes et de l’enlèvement de plus de 60 000 enfants dans le nord de l’Ouganda.

Il est ensuite devenu lieutenant-colonel au sein de la rébellion, à la tête d’unités d’une cinquantaine de combattants pour mener des attaques dans le nord-est de la RDC et sa mise hors d’état de nuire pourrait représenter pour la LRA une perte plus importante que celle de Dominic Ongwen.