La guerre des huiles n’aura pas lieu

Par Jeune Afrique

Le Sénégal devrait prochainement déposer deux requêtes auprès de la cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour d’abord surseoir à l’exécution – puis demander l’annulation – d’une décision communautaire, adoptée le 4 juin dernier, qui invitait le pays à retirer sa norme imposant un seuil maximal de 30 % d’acides gras saturés (AGS) dans les huiles consommées localement. Une mesure destinée à disqualifier les importations d’huile de palme raffinée, qui en contient 50 %, pour protéger l’industrie arachidière nationale, notamment la société Suneor. Ces requêtes ont, selon les spécialistes, peu de chances d’aboutir. « Nous ne sommes pas inquiets », explique Yves Lambelin, directeur général de Sifca, premier exportateur d’huile de palme en Afrique de l’Ouest. En effet, le groupe ivoirien est actuellement en pourparlers avancés avec son concurrent sénégalais pour développer des synergies industrielles. « La guerre des huiles est terminée, confirme Abbas Jaber, patron d’Advens, le holding chapeautant Suneor. On va dorénavant coopérer. » Les deux hommes prévoient de dévoiler les modalités de ce futur partenariat en septembre prochain.