Congo-Brazzaville : Denis Sassou Nguesso porte plainte contre X dans l’affaire des biens mal acquis

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président congolais, Denis Sassou Nguesso, palais de l'Elysée, à Paris en France, le 8 avril 2013. © Jacques Brinon/AP/SIPA

Visé depuis 2009 par l'enquête de deux juges parisiens sur les conditions d'acquisition d'un très important patrimoine immobilier et mobilier en France, le président congolais a décidé de contre-attaquer.

« Nous, Denis Sassou Nguesso, Chef de l’État du Congo, déclarons avoir chargé Maître Viala, avocat à la cour à Paris, de déposer plainte contre X, pour tentative d’escroquerie au jugement dans l’affaire dite des biens mal acquis, qui nous oppose à l’association Transparency International »,  indique un court communiqué dactylographié signé du président congolais.

L’ONG qui s’est constituée partie civile dans l’affaire des biens mal acquis accuse le chef de l’État congolais d’avoir « détourné, à son profit et au profit de sa famille et de son clan, une partie substantielle de la rente pétrolière » du Congo-Brazzaville. Poursuivi depuis 2009, Denis Sassou Nguesso a porté plainte « il y a plus d’un mois », précise le texte remis à l’AFP à Brazzaville.

L’intégralité des dossiers concernant les chefs d’État mise à mal ?

Candidat à sa propre succession à l’élection présidentielle du mois de mars prochain, Denis Sassou Nguesso estime que les pièces sur lesquelles est fondée la plainte le visant, lui et sa famille, « ne sont pas conformes à la réalité », a informé Me Viala, joint au téléphone par l’AFP.

Si cela abouti, elle fera tomber l’intégralité des dossiers (avocat)

« Si (cette plainte) aboutit, a affirmé Me Viala, elle fera tomber l’intégralité des dossiers » concernant tous les chefs d’État africains dans l’affaire des « biens mal acquis ». À ce titre, Denis Sassou Nguesso a déclaré qu’il avait  « pleine confiance en la justice française pour mener à bien les investigations nécessaires ».

Le parquet dispose de 3 mois pour donner suite

Deux autres chefs d’État africains ainsi que le leur entourage sont également la cible des enquêteurs : l’ex-président gabonais Omar Bongo Ondimba (décédé en 2009) ainsi que le président de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema. Au mois d’août dernier, la justice française avait abandonné ses poursuites contre le fils de ce dernier, Teodoro Nguema Obiang Mangue dit Teodorín, deuxième vice-président de Guinée équatoriale.

Selon une source judiciaire, la plainte a bien été reçue au parquet de Paris. Celui-ci dispose de trois mois pour décider de la transmettre ou non à un juge d’instruction.