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À l’Est de l’Afrique, CMA CGM fait de La Réunion son hub régional

Par Jeune Afrique

Un porte-conteneurs de CMA CGM à Port Réunion. © CMA CGM

Le groupe français, numéro trois mondial du transport en conteneurs et numéro deux en Afrique, utilisera l'île comme point stratégique au sein de l'océan Indien, notamment à destination de l'Afrique de l'Est.

La nouvelle était attendue depuis août 2014, date à laquelle CMA CGM avait officialisé, à l’occasion d’un déplacement à La Réunion du président français François Hollande, un protocole d’accord visant à faire de Port Réunion sa plateforme de transbordement régional. Elle a été confirmée ces derniers jours par un communiqué diffusée par le groupe français au moment même où le port de l’île française inaugurait des travaux de modernisation entamés en 2014.

« CMA CGM fait aujourd’hui de l’Île de la Réunion son hub maritime pour l’océan Indien et lui redonne sa position de carrefour des routes maritimes entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique grâce notamment à une desserte renforcée », a déclaré dans le communiqué Rodolphe Saadé, vice-président du groupe français basé à Marseille.

La nouvelle desserte prévoit 5 escales hebdomadaires, contre 3 auparavant, pour différentes lignes reliant La Réunion à l’Europe, l’Australie, l’Asie, l’Inde, l’Afrique de l’Est, L’Afrique australe et l’Afrique de l’Ouest. En 2015, interrogé par Jeune Afrique, Rodolphe Saadé expliquait que la croissance des volumes à destination de la côte orientale de l’Afrique (en provenance de Chine principalement) était très soutenue.

Les travaux menés depuis 2014 ont permis d’allonger certains quais et de se doter de nouveaux portiques afin d’accueillir des navires de plus 9 000 conteneurs EVP (équivalent vingt pieds, unité de mesure du trafic en conteneurs), contre 4 500 auparavant, et de faire passer le trafic conteneurisé de 250 000 boîtes environ par an à 450 000 en 2018.

Lignes sud

Port Réunion (le quatrième port français en conteneurs), qui était jusqu’à présent presque totalement dédié au trafic interne, peut désormais se positionner comme un véritable port de transbordement.

Éloignée des lignes passant au nord de l’Afrique (où les principaux hubs se trouvent à Djibouti et en Égypte ainsi que dans différents ports du Golfe), La Réunion est en revanche idéalement placée sur le versant sud, où passe un nombre croissant de lignes maritimes reliant l’Asie à l’Afrique de l’Est et à l’Afrique australe, mais aussi au Golfe de Guinée, voire même à l’Amérique du Sud. Sur cette nouvelle autoroute de la mer passant dans le sud de l’océan Indien, les ports pouvant assurer du transbordement sont encore peu nombreux, et le principal d’entre eux, Durban (Afrique du Sud), est saturé.

Face à la croissance des flux africains, les grandes compagnies maritimes maritimes sont à la recherche de hubs régionaux, capables d’accueillir des grands navires et de transborder les conteneurs sur de plus petits navires (feeders) à destination d’autres ports plus petits. Dans le sud de l’océan Indien, le suisse Mediterranean Shipping Company (MSC) a porté son choix sur Port-Louis (Maurice), tout comme le danois Maersk.

Après avoir décroché en 2015 la concession du terminal à conteneurs de Kribi (Cameroun), ce qui lui permettra de développer une activité de transbordement dans le Golfe de Guinée, CMA CGM confirme pour l’est de l’Afrique son choix réunionnais.