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Corruption : Transparency International dresse un tableau inquiétant pour l’Afrique

En décembre 2015, des manifestants sud-africains demandaient la démission de Jacob Zuma, englué dans des scandales de corruption. © Jacques Nelles/AP/SIPA

Transparency International a rendu son verdict annuel sur la corruption dans la monde. Vu du continent, si certains États africains dévissent dans le classement de l'ONG, d'autres ont en revanche enregistré de timides progrès.

  • La grande majorité des pays africains obtiennent une note inférieure à 50

« Deux tiers des 168 pays évalués par l’indice 2015 obtiennent une note inférieure à 50 », relève le rapport publié mercredi 27 janvier par l’ONG, dont le baromètre de corruption perçue évolue sur une échelle de 1 à 100, progressant selon la vertu du pays. L’Afrique n’échappe pas à la tendance : quand ils ne dégringolent pas, la plupart des États du continent stagnent au classement.

« L’indice de cette année dresse un tableau inquiétant », résume la branche subsaharienne de l’ONG. D’autant que la corruption est venue exacerber les causes des fléaux, comme Ebola ou le terrorisme, qui ont touché le continent au cours de l’année passée. Pire encore, selon l’ONG, la corruption mettrait à mal les mesures visant à lutter contre ces crises.

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Transparency International

État des lieux de la corruption dans le monde en 2015. © Transparency International

Aucune région du continent n’est épargnée, comme l’indique cette liste de pays africains dont l’évaluation 2015 est inférieure à 30 :

  • Inquiétude sur les poids lourds de l’économie

Les deux grandes économies du contient inquiètent également l’ONG. « Le Nigeria et l’Afrique du Sud, les locomotives du continent, n’ont connu aucune amélioration », souligne dans son rapport Chantal Uwimana, directrice de l’ONG pour l’Afrique subsaharienne.

Preuve en est, la très faible note du Nigeria régresse pas rapport à l’an dernier, passant de 27 à 26 en 2015. Quant à celle de l’Afrique du Sud, elle stagne à 44. Conséquence, si ces deux pays, régulièrement secoués par de vastes scandales de corruption, sont sur le papier plus prospères que les autres États du contient, leurs citoyens n’en voient en revanche pas la couleur.

  • Des signes encourageants

Malgré la tonalité alarmante du rapport de l’ONG, plusieurs signes encourageants s’en dégagent, notamment pour le secteur privé. « Si l’on se penche sur les différents domaines couverts par l’indice, on constate une nette amélioration de la transparence dans la gestion financière. C’est une bonne nouvelle pour les entreprises actives dans la région », souligne ainsi la directrice de l’ONG pour l’Afrique subsaharienne.

Autre signe positif, certains pays ont amélioré leur gouvernance et accentué leur lutte contre la corruption endémique. C’est notamment le cas du Rwanda, de la Namibie, et dans une moindre mesure, du Sénégal.

Passez votre souris sur la carte pour avoir plus d’information sur chaque pays : 

Transparency mise également sur la croissance verte, dont certains rouages devraient être propulsés dans la foulée de la COP21, pour renforcer la lutte contre la corruption sur le contient. « Il y a bon espoir que d’autres pays emboîtent le pas, car les nouveaux objectifs de développement durable incitent au renforcement de la gouvernance », espère ainsi l’ONG.

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