Maroc – Guinée : après l’épidémie d’Ebola, la relance des affaires

Vue de la plateforme du forum économique maroco-guinéen de Casablanca en septembre 2014. © www.cgem.ma

Conakry a accueilli le lundi 18 janvier le forum d’affaires Maroc – Guinée, conjointement organisé par l’Agence de promotion des investissements privés (Apip-Guinée) et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Ce rendez-vous d’affaires parrainé par le président Alpha Condé intervient dans le prolongement de la visite, en mars 2014, du roi Mohammed VI à Conakry et du forum économique maroco-guinéen organisé à Casablanca en septembre 2014, avec à la clé la signature d’une vingtaine de conventions.

Le forum organisé lundi signale à sa façon un nouveau départ pour le milieu des affaires en Guinée, quelques semaines après la fin officielle de l’épidémie d’Ebola, marquée le 29 décembre 2015.

Le ministre marocain de l’Économie et des finances, Mohamed Boussaid, et la présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc, CGEM, Miriem Bensalah Chaqroun ont conduit la délégation marocaine de près de 140 représentants des secteurs public et privé, parmi lesquels des responsables de Casablanca Finance City, du spécialiste des services postaux Gemadec et du métallurgiste Longofer.

« Nous entendons ainsi confirmer les relations séculaires entre la Guinée et le Maroc. Une confiance renouvelée par les deux chefs d’État en initiant des forums économiques. Nous apportons une expertise dans quatorze secteurs d’activités, dont les énergies renouvelables, les BTP, les banques et assurances », a précisé la patronne des patrons marocains.

Bilan

Le forum a enregistré la présence de 450 participants guinéens pour des rencontres entre organismes publiques et secteurs privés, ainsi que des rendez-vous B2B (entre opérateurs privés).

Gabriel Curtis, directeur général de l’Agence de promotion des investissements privés (Apip-Guinée), s’est dit satisfait de l’engouement « inespéré » et du bilan du forum : « Nous avons organisé des rencontres entre gouvernements dans les domaines des mines et de l’enseignement professionnel. L’innovation est d’avoir favorisé les rencontres business-gouvernements. Cela a permis de débloquer certaines difficultés. Nous comptons sept conventions signées ».

L’entrepreneur guinéen Kerfalla Person Camara s’est également réjoui de la coopération entre le Maroc et la Guinée : « Nous avons signé plusieurs accords de partenariat avec des sociétés marocaines qui se sont concrétisées à 90 %. Parmi les gros projets que l’État guinéen nous a confiés nous sommes en discussion avec des sociétés marocaines pour la viabilisation par exemple du site directionnel de Koloma [à Conakry] et la construction de l’ensemble des sièges des différents départements ministériels ».

Même sentiment chez Mamadou Saliou Diallo, PDG de Sonoco, spécialisé dans la fabrication de la farine de blé. Déjà partenaire du groupe marocain Moulins Lahlal, Sonoco vient de signer un protocole d’accord avec Longofer.

Commentant les opérations réalisés en accord avec les entreprises marocaines, Mamadou Saliou Diallo remarque : « On avait commencé avec quatorze mille euros d’investissements et nous sommes aujourd’hui à quarante millions d’euros ».

« Je souhaiterais la prochaine fois que ce soit les hommes d’affaires guinéens et marocains qui organisent le forum et invitent les deux gouvernements. Les relations politiques, c’est bien, mais les relations économiques sont meilleures », a-t-il ajouté.

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