Ce qu’il faut savoir de Paul Kaba Thieba, le nouveau Premier ministre burkinabè

Paul Kaba Thiéba, le nouveau Premier ministre burkinabè, le 7 janvier 2015 à l'aéroport de Ouagadougou. © Burkina 24

Paul Kaba Thieba, 55 ans, a été nommé mercredi soir chef du gouvernement par le président Roch Kaboré. Peu connu de ses compatriotes, ce technocrate a effectué l'essentiel de sa carrière dans les institutions financières ouest-africaines.

  • Un vieil ami du président Roch Kaboré

Roch March Christian Kaboré et Paul Kaba Thieba se connaissent depuis leurs années communes au collège Saint Jean Baptiste de La Salle à Ouagadougou, un établissement fréquenté par les enfants de l’élite burkinabè.

De trois ans son aîné, Roch considère Paul comme son « petit frère ». Malgré l’éloignement géographique – Kaboré a fait toute sa carrière au Burkina Faso, Kaba Thieba à l’étranger -, les deux hommes, banquiers de formation, sont toujours restés en contact.

  • Un profil de technocrate financier

Après une maîtrise en gestion des entreprises à l’université de Ouagadougou, le jeune Paul Kaba Thieba a terminé ses études supérieures en France. D’abord à Grenoble, puis à Paris, où il a obtenu, en 1988, un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en banque et finances à l’université Paris V. Il effectue ensuite son début de carrière à la Caisse des dépôts et consignations, une institution financière publique française, avant de rejoindre Dakar, en 1993, pour travailler à la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO, dont le père de Roch Kaboré a été vice-gouverneur quelques années auparavant).

Paul Kaba Thieba y reste plus de vingt ans. Deux décennies durant lesquelles il se forge une solide expérience, étant successivement chef du service des changes, directeur des opérations financières, ou encore conseiller du directeur général des opérations. En 2014, il rentre au pays et devient administrateur délégué du fonds de stabilité financière de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont le siège se trouve à Ouagadougou.

  • Un inconnu du grand public burkinabè

Nombreux sont sûrement les Burkinabè à entendre pour la première fois le nom de Paul Kaba Thieba. Contrairement à Roch Kaboré, le nouveau Premier ministre n’est pas un homme politique connu de ses compatriotes. Il a effectué l’essentiel de sa carrière à Paris puis Dakar et n’est revenu à Ouagadougou qu’en 2014, lorsqu’il a rejoint l’UEMOA.

« Il n’est pas du sérail ouagalais et ce n’est pas un apparatchik du MPP [Mouvement du peuple pour le progrès, le parti présidentiel], même s’il en était évidemment proche en tant qu’ami de Roch », confie un collaborateur du chef de l’État. Selon certaines sources, Paul Kaba Thieba aurait pourtant participé de près à l’élaboration du programme économique du candidat Kaboré.

  • Un « homme de devoir »

En fin politique, Roch Kaboré sait très bien que la réussite de son premier gouvernement sera déterminante pour la suite de son mandat et sa côte de popularité. Il a donc choisi un homme de confiance, un technocrate dont les compétences financières seront probablement utiles pour relancer la machine économique burkinabè, au ralenti depuis la chute de Blaise Compaoré.

Natif de Bobo-Dioulasso, le nouveau Premier ministre, marié et père de trois enfants, présente aussi le profil du « bon soldat » qui ne devrait pas faire de vagues. « Paul n’est pas un va-t-en guerre. C’est un homme de devoir, à la fois discret, rigoureux, et appliqué », raconte un proche de Roch. Décrit comme un personnage « sympathique et travailleur » par un de ses ex-collègues de la BCEAO, l’ancien banquier se retrouve désormais sous les feux des projecteurs. Soumis, comme Roch Kaboré, à une importante pression populaire, il devra sans aucun doute obtenir rapidement des résultats s’il veut se maintenir à la tête du gouvernement.