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Centrafrique : polémique autour des premiers résultats partiels de la présidentielle

Des Centrafricains font la queue devant un bureau de vote le 30 décembre 2015. © Herve Serefio Diaspora / AP / SIPA

Dénonçant une "mascarade électorale", une quinzaine de candidats à la présidentielle ont demandé dimanche l'arrêt des opérations de dépouillement en Centrafrique. Les résultats complets sont attendus d'ici jeudi ou vendredi.

Passée l’euphorie de la mobilisation massive des électeurs centrafricains lors du premier tour de l’élection présidentielle du 30 janvier, la tension est montée d’un cran à Bangui dans l’attente des résultats, alors que des chiffres complets sont attendus d’ici jeudi ou vendredi.

La surprise Touadéra

Lundi 4 janvier, les résultats partiels communiqués en fin d’après-midi ont confirmé l’avance de Faustin Archange Touadéra. Touadéra est un ancien Premier ministre (2008-2013) de l’ex-président François Bozizé, qui s’est présenté comme candidat indépendant. Avec 146 7758 voix, il devance pour l’instant l’un des favoris, Anicet Georges Dologuélé (109 519 voix), mais aussi Jean-Serge Bokassa (68 815 voix) ou Désiré Kolingba (57 139 voix). Martin Ziguélé est pour l’instant seulement crédité de 36 442.

Dimanche, à la suite d’une réunion organisée à l’hôtel Ledger, une dizaine de candidats avaient demandé l’arrêt du processus électoral. Refusant « d’être complices de cette mascarade électorale », les signataires invitaient « tous les acteurs impliqués à se mettre autour d’un table ». Le texte est signé par une quinzaine de candidats dont Karim Meckassoua, Sylvain Patassé, Charles Armel Doubane.

Jean-Serge Bokossa et Désiré Kolingba sont sur la liste des signataires du communiqué mais ne l’ont pas paragraphé.

« Insuffisances », « irrégularités », « intimidations »

« Les opérations électorales ont révélé de graves insuffisances d’organisation, de multiples irrégularités et intimidations dans le déroulement du scrutin, et des manipulations de nature à remettre fondamentalement en cause la sincérité, la transparence et la crédibilité du scrutin », ont-il déclaré dans leur communiqué. « Ces sérieux manquements qui entachent les opérations électorales en cours conduiront au rejet des résultats par la population, entraînant inéluctablement un nouvel embrasement du pays », peut-on lire dans le communiqué.

« Tous ces candidats se savent déjà perdant et ne jouent pas le jeu. Aucun n’a envoyé de représentants surveiller le dépouillement dans le centre de traitement de l’ANE. Il faut les rappeler à l’ordre », réagit une source diplomatique membre du G8 (comité composé des représentants de la France, des États-Unis, de l’Union européenne, de la Ceeac, de l’ONU, du Congo-Brazzaville, de la Banque mondiale et de l’Union africaine).

Cacophonie

Si la communauté internationale s’est félicitée du déroulement du scrutin, les opérations de dépouillement s’avèrent plus problématiques. Elles prennent du temps, les procès verbaux étant centralisés dans les préfectures avant d’être transportés à Bangui. Un délai propice aux rumeurs et aux spéculations dont la capitale centrafricaine raffole. Ces opérations s’effectuent aussi dans une certaine cacophonie. Ainsi, dimanche, une urne contenant 200 bulletins de la diaspora centrafricaine au Maroc a été retrouvée dans un taxi en provenance de l’aéroport…

 

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