Procès « Sonatrach 1 » : l’audition des accusés s’ouvre à Alger

La Sonatrach est l'opérateur national algérien des hydrocarbures.. © Wikimedia Commons

Le procès de l’affaire dite « Sonatrach 1 » s’est ouvert le 27 décembre au tribunal criminel d'Alger en présence, cette fois-ci, de la majorité des témoins de ce gigantesque scandale de corruption qui a éclaboussé la compagnie pétrolière publique. Prévu il y a neuf mois, le procès avait été reporté à deux reprises, en mars et avril derniers, pour absence de témoins clés.

Tous les moyens ont été mis en œuvre pour que cette 3e ouverture du procès pour corruption, impliquant 15 anciens dirigeants du groupe pétrolier national Sonatrach ainsi que quatre sociétés étrangères dont les compagnies allemande Funkwerk et italienne Saipem, puisse se tenir jusqu’au bout.

Le juge Mohamed Reggad, du tribunal criminel d’Alger, en charge de l’affaire a ainsi exigé le recours à la force publique pour faire venir trois témoins clés n’ayant pas répondu à ses convocations. Sur les 111 témoins cités à comparaître, 82 étaient présents à l’ouverture dimanche et deux sont décédés a constaté le greffier à la suite de l’appel.

L’ouverture du procès a été agitée par la demande du Trésor public algérien de se porter partie civile, refusée par les avocats de la défense estimant que ce dernier n’a pas été affecté par les pertes subies par le groupe Sonatrach. Le juge Mohamed Reggad a finalement décidé de ne pas se prononcer jusqu’à ce que l’action civile soit tranchée.

Trois marchés frauduleux à la loupe

La première journée du procès a été consacrée à la lecture de l’arrêt de renvoi dont les 293 pages au dossier détaillent les faits reprochés aux 19 accusés poursuivis pour association de malfaiteurs, détournement de fonds publics, blanchiment et corruption dans la conclusion de trois marchés publics douteux entre Sonatrach et des compagnies étrangères.

Il s’agit en l’occurrence du marché d’acquisition d’équipements de télésurveillance et de protection électronique entre Sonatrach, dirigé alors par Mohamed Meziane (laissé en liberté), et le groupe allemand Contel Funkwerk Pletarc, via sa filiale algérienne. Le deuxième marché porte sur la réalisation d’un gazoduc devant relier l’Algérie à l’Italie (Sardaigne) obtenu par le groupe italien Saipem Contracting Algeria. Enfin, le troisième marché est relatif à la réhabilitation du siège de Sonatrach à Ghermoul (Alger).

L’audition des accusés a commencé ce mardi 29 décembre. Les témoins ont été appelés à se présenter jeudi pour prendre connaissance du calendrier des audiences et de leurs témoignages.