Éthiopie : le cabinet français Artelia rejoint le projet du barrage Grande Renaissance

Pour son fonctionnement, le barrage Grande Renaissance nécessite le remplissage d'un réservoir de 74 milliards de mètres cubes d'eau. © DR

Le cabinet français d'ingénierie Artelia, candidat malheureux à un appel d'offres en mars, a été rappelé par l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan pour mesurer l'impact de la construction du barrage Grande Renaissance sur les ressources en eau du Nil.

C’est finalement le cabinet français d’ingénierie Artelia qui appuiera son compatriote, le cabinet d’études BRL Ingéniérie, pour l’étude d’impact de la construction du barrage Grande Renaissance sur les ressources en eau du Nil. BRL Ingénierie avait été retenu en mars 2015 dans le cadre d’un accord tripartie dévoilé par Addis Abeba, Khartoum et Le Caire. Il était alors prévu que BRL sous-traite environ 30 % de l’étude au cabinet hollandais Deltares, soutenu par le Soudan.

Retrait

Deltares s’est finalement retiré en septembre dernier du projet. Dans son communiqué, le groupe hollandais regrettait « que les conditions imposées par le TNC [comité tripartite rassemblant les 03 États concernés] et BRL Ingénierie sur la façon dont les études devraient être effectuées n’a pas fourni à Deltares de garanties suffisantes qu’une étude indépendante de haute qualité puisse être effectuée ».

Le départ du groupe hollandais a laissé le champ libre au français Artelia, qui comptait parmi les sept entreprises présélectionnées en octobre 2014 par les trois pays, et avait de surcroît les faveurs du Caire.

Ces études, qui vont donc être conduites par le binôme BRL – Artelia, doivent être engagées en février. Elles sont prévues pour durer 15 mois, ont indiqué les représentants de l’Éthiopie, du Soudan et de l’Égypte au terme de trois jours de négociation, a rapporté l’agence Reuters ce mardi.

À son inauguration, prévue après 2017, le barrage Grande Renaissance sera le plus grand d’Afrique, avec une puissance de 6 000 mégawatts. Son coût est estimé selon les autorités éthiopiennes à 4,2 milliards de dollars.

Activités

Né en 2010 de la fusion des groupes français Sogreah et Coteba, Artelia compte en Afrique des bureaux en Algérie, au Maroc, en Afrique du Sud, au Rwanda et à Madagascar. Parmi les projets sur lesquels est intervenu le groupe français sur le continent figurent les ports de Safi (Maroc), Dakar (Sénégal), San Pedro (Côte d’Ivoire), Kribi (Cameroun) et Conakry (Guinée), des projets hydroélectriques au Mali (Félou), au Malawi (Chasombo et Chisuma), en RDC (Grand Inga), au Rwanda (Rusumo Falls) ; ainsi que le CLSG (l’interconnexion des réseaux électriques entre la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée) et la rénovation du barrage d’Assiout en Égypte.

En 2014, Artelia a enregistré un chiffre d’affaires de 363,8 millions d’euros, dont environ 70 millions d’euros (19,5 %) réalisé en Afrique, pour un résultat net de 9,5 millions d’euros et 3 350 salariés répartis sur plus de 90 sites (42 en France et 53 à l’international).

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